‹ La réforme de l'enseignement secondaireChapitre 17 sur 135 · NÉCESSITÉ DE CONSERVER LE GREC ET LE LATIN · texte numérisé non relu

NÉCESSITÉ DE CONSERVER LE GREC ET LE LATIN

« Ce que voyant, TÉtat arrache au clergé le monopole de renseignement et le remet à TUniversité. L'Université, fidèle aux traditions, envoie, elle aussi, la jeunesse aux antipodes, chez le peuple pillard et possesseur d'esclaves, après l'avoir toutefois approvisionnée d'un petitvolume intitulé : Philosophie. Cinq ou six générations ainsi élevées ont à peine revu le sol natal qu'une seconde révolution vient à éclater. Formées à la même école que leurs devancières, elles s'en montrent les dignes émules.

« Alors vient la guerre entre lëfe monopoleurs. — C'est votre petit livre qui a fait tout le mal, dit le clergé. — C'est le vôtre, répond l'Université.

« Eh non, messieurs, vos petits livres ne sont pour rien en tout ceci. Ce qui a fait le mal, c'est l'idée bizarre, par vous conçue et exécutée, d'envoyer la jeunesse française destinée au travail, à la paix, à la liberté , s'imprégner , s'imbiber et se saturer des opinions et des sentiments d'un peuple de brigands et d'esclaves. »

On voit assez toute l'exagération des critiques de Bastiat et de celles de l'abbé Gaume, et toutes les passions qu'elles supposent. Personne ne croira, avec le Ver rongewPy que saint Augustin puisse remplacer les grands maîtres de l'art d'écrire ; ni avec Bastiat, que Rome n'ait été qu'un nid de brigands, et que ses écrivains aient tenu école d'immoralité. Nous n'écouterons pas davantage les fanatiques d'une autre sorte qui voudraient reléguer bien loin, au second ou au troisième rang, l'étude des sciences, et concentrer tous les efforts de la jeunesse dans l'étude du latin et du grec, enseignés suivant la méthode de l'ancienne Université de Paris sans le moindre changement. Il faut

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