LA NOURRI J'URE
rôtie. Les ouvriers des villes, depuis que leurs femmes vont dans les usines, au grand détriment de la morale et de la santé publique % prennent leurs repas au cabaret. Ceux de Paris abusent de la charcuterie, souvent mal préparée, et faite avec des viandes malsaines qu'on relève à force d'assaisonnement. Dans les familles riches, on pense moins à la santé qu'à la gourmandise. On mange trop ; on absorbe des mets peu nourrissants et très-excitants. C'est une bien vieille maladie de l'espèce humaine, également fatale au corps et à l'esprit :
. Quin corpus onustum Hesternis vitiis animum quoque prsBgravat unâ, Atque affigit humo divin» particulam auraB *.
Comme, dans nos usages, il n'y a plus qu'une seule table pour toute la famille, l'enfant dine avec se parents, et prend une nourriture qui le fatigue sans le fortifier. Sous ce rapport, la plupart du temps le collège vaut mieux que la maison paternelle. La nourriture y est moins bonne pour le goût, ce qui épargne plus d'une indigestion ; elle est plus naturelle, et par conséquent plus saine. La soupe, dont on médit à présent par mode, du bœuf rôti, quelque salade, des légumes simplement accommodés, dans la saison un fruit bien mûr, voilà un excellent fond d'alimentation. Point de sauces recherchées, pas de viandes trop pesantes comme le porc, ou trop peu substantielles, comme le veau. La nourriture anglaise, qui se compose en grande partie d'ale et de rosbif, avec addition de farineux en purée ou de