L'HABITATION
et les dortoirs prennent jour de deux côtés, pour que la ventilation soit complète toutes les fois que les élèves sont dehors. L'infirmerie ressemble aussi peu que possible à un hôpital ; elle a assez de chambres pour isoler tous les malades, et comme la religieuse me les faisait admirer : « Ce que j'admire surtout, ma chère sœur, lui dis-je, c'est de les trouver vides. ^> Si seulement on avait, au lieu d'études et de dortoirs, des chambres particulières, comme à Eton ou à Harrow, Vanvres serait un idéal. La guerre, hélas ! l'avait bien maltraité ; que ne maltraite pas la guerre? Elle n'épargne ni les mourants, ni les enfants ; mais il est aujourd'hui plus souriant que jamails. Il y restait encore trop de places vides la dernière fois que j'y suis allé. Je m'en étonne. C'est une suite de l'indifférence des Parisiens pour les merveilles qu'ils ont à côté d'eux. Ils voient de loin cette belle maison, quand ils vont à Versailles par le chemin de la rive gauche ; et ils la prennent pour le château de quelque prince. C'est un ancien palais qui a monté en grade, puisqu'il est devenu un collège. Il y a du luxe, en effet, mais dans le jardin ; le luxe de la nature, le seul qui soit toujours permis : dans la maison, au contraire, rien que de sérieux et de modeste ; de bonnes petites couchettes en fer, des matelas en nombre suffisant, pas trop douillets, parce qu'il ne faut pas s'amollir ; des planchers bien propres, sans tapis ; des rideaux de percale aux fenêtres ; d'honnêtes banquettes de chêne pour les écoliers, et des chaises de paillé pour les professeurs, qui comptent parmi les meilleurs de Paris.
On porte l'uniforme dans les collèges de l'État depuis la fondation de l'Université, et même on en