‹ La réforme de l'enseignement secondaireChapitre 51 sur 135 · Horace, liv. III, ode vni · texte numérisé non relu

Horace, liv. III, ode vni

2. En Allemagne, l'enseignement du chant n'est pas relégué, comme en France, parmi les arts d'agrément. 11 est facultatif dans beaucoup de gymnases (Minssen, Étude sur Vinstrliction supérieure et secondaire en Àllemagnej p. 28), obligatoire dans certains autres (Hippeau, Vinstruction publique en Allemagne, Paris, 1873, p. 192). L'article 15 de la loi de 1819 s^ur l'enseignement dans le royaume de Prusse contient un paragraphe 8 ainsi conçu : « Il y aura dos exercices de chant, qui comprendront une connaissance scientifique des principes de la mu» sique, et une culture pratique du talent musical, qui puisse servir de fjndement à des études ultérieures. — On enseignera la musique en général; mais on aura surtout pour objet la musique chorale, qui aura des exercices spéciaux. On s'attachera à écarter tous les abus qu'entraînent quelquefois ces exercices. — Les chants en chœur n'auront lieu qu'aux heures où l'école vaque, et le dimanche à celles qui ne sont pas consacrées au service divin. »

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plas Décessaire, et par conséquent le plus difficile à éliminer.

Grande affaire que le S3rstème pénal dans la société et dans le collège ! Je ne veux le regarder ici qne dans ses rapports arec llirgiène. Le fond dn système pénal est la retenue. Elle ne vaut rien, mais die Tant mieux que tout le reste. On a supprimé, arec grande raison, la punition corporelle* et la punition dégradante*. Que reste-t-il? La retenue pendant la réaction, pendant la promenade ou pendant la sortie. Le pensum n'est qu'un annexe de la retenue: la prison n'en est qu'une aggravation. Je le prouve pour le pensum. C'est un travaU utile, ou un travail inutile, n vaut mieux que ce soit un travail inutile, pour ne

1. La punition corporelle (le fouet, flogging) est encore en usage dans les écoles anglaises. MM. Demogeot et Montacci rapportent une curieuse déposition du principal de Charterbouse. • C'était en 181S, li répoque de notre plus grande prospérité. Tétais moi-même l'un des élèves, je faisais partie de la classe supérieure, et on prétend que je faisais honneur à l'école ; ce qu'il y a de sûr, c'est que je travaillais dur. Le docteur Russell, notre principal, avait des idées à lui; entre autres, il s'était mis en tête d'abolir le fouet, et d'y substituer une amende. Nous regimbâmes fort contre cette innovation, nous ne voulions pas qu'on nous enlevât notre pécule. Le fouet nous semblait très-conciliable avec la dignité d'un gentleman; mais l'amende, fi donc I Enfin l'école résolut d'en faire son affaire, et elle se souleva au cri de : A bat Vamende! Vive le fouet! Ce fut une fameuse révolte, dont tous les vieux cartusiens comme moi se souviennent encore. La restauration triompha, le fouet fut solennellement réintégré. Alors^ nous en eûmes à cœur joie. Le lendemain du jour où l'amende fut abolie, au moment où nous entrâmes en classe, nous y trouvâmes une superbe forêt de verges, et les deux heures de la leçon furent consciencieusement employées à en faire usage. » (P. 42.)

2. Rpglement de police pour les lycées arrêté par le conseil de l'Université, le 19 septembre 1809, article 92, § 4 : « La privation de l'uniforme, qui sera remplacé par un habit d'étoffe grossière et d'une forme particulière : punition qui ne permettra pas à l'élève à qui elle sera infligée de marcher dans les rangs. >

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pas ajouter la fatigue de la contention d'esprit à la fatigue de l'immobilité. C'est le tread-^mill. Quand remplira-t-on cette tâche pénale? Ce n'est pas pendant l'étude, au détriment du devoir régulier, c'est donc pendant la récréation, ou plutôt pendant la retenue. S'il n'y avait pas le pensum, il faudrait rester, debout ou assis, sans rien faire. Cette inaction forcée est contre toutes les règles. Il n'y a pas de place dans la nature pour l'inutile, ni dans la vie pour le désœuvrement; il n'est ni sage, ni humain^ ni possible de faire du désœuvrement une peine, do condamner un délinquant à une faute. Voilà la théorie du pensum, annexe de la retenue. Je dis que la prison est une retenue renforcée, quelque chose comme la déportation dans une enceinte fortifiée. On en usera rarement, et avec un certain appareil, pour donner de l'importance au châtiment. Le prisonnier ne sera jamais seul; il sera gardé à vue, et pour cause. Il ne sera pas inoccupé , nous venons d'en expliquer la raison. Encore une fois, tout cela n'est que la retenue. La retenue simple, qui n'est que la privation d'une heure d'amusement, paraît bien peu de chose. Ce ne serait rien, sans cette hygiène, qui veut qu'un enfant crie et se remue. Cette heure perdue devient quelque chose de grave, pour un prisonnier (le mo est-il trop fort?) qui a dans sa journée douze heures d'immobilité et deux heures de mouvement. La privation de la promenade est bien plus dure encore, et la privation d'un jour de sortie. Cette dernière peine est à la fois une peine physique et une peine morale. Je pense qu'en y mettant un peu d'industrie, on pourrait diminuer les conséquences malsaines du châtiment, sans en diminuer l'efficacité. La plu-

part du temps, ceux qui ne vont pas en promenade, restent en prison ou à Tétude, et font un devoir de supplément ou un pensum. Il en est de même de ceux qu'on a privés de sortie. Ne pourraît-on, dans ces circonstances, leur faire faire Texercice? ou une promenade militaire, sans conversation et sans temps de repos? ou, si c'est le jour d'une grande promenade, les réduire à une promenade simple? Ce repos prolongé ne vaut rien pour des enfants qui, môme en temps ordinaire, ne font pas assez de mouvement. Tout ce qui, sans rendre la peine illusoire, la rendra inoffensive pour la santé, sera un bienfait véritable. Dans une maison bien tenue, avec des maîtres qui ont le génie de leur profession, une simple réprimande suffit pour maintenir la discipline. Il y a d'ailleurs tout un autre système, que je me propose de développer en son lieu, et qui consiste à diminuer le nombre des châtiments en augmentant celui des récompenses par un remaniement complet de la législation sur les bourses. Mais, pour le moment, 'n'entrons pas dans l'idéal; ne rêvons pas. Il n'y a pas de règlement sans code pénal. Même pour les représentants du peuple, il a fallu inventer tout un système de pénitences; et nous nous en passerions pour des écoliers ?

Quelque ingénieuse découverte qu'on puisse faire pour substituer un mouvement désagréable à un mouvement agréable, la peine sera toujours la retenue, et la retenue sera toujours l'immobilité ; et qu'on soit enfant, jeune homme ou homme mûr, une journée d'immobilité, sans intervalle de mouvement, est accablante. Un prisonnier, dans sa cellule, peut faire trois pas en long et en large ; il peut s'as-

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seoir ou se lever à son gré. Pourquoi ces comparaisons Vîëhnenl-ellés à Tesprit? Traite-l^on Tenfant comme on coupable? Ne craint-on pas de Tirriter et de le dévoyer par cette pénalité préventive, appliquée si fort à contre-temps? Montaigne disait déjà, malgré son admiration pour Andréas Goveanus, son principal : « C'est une vraye geaule de jeunesse captive ; on la rend desbauchée, Ten punissant avant qu'elle le soit*. » Tout cela est douloureux à penser. Il est certain que nous ne donnons à l'enfant ni assez de mouvement, ni assez de bonheur*.

On pense bien que M. de Laprade n'est pas moins dur que Montaigne' ; mais je veux citer aussi la sentence prononcée par un professeur de collège, M. Labbé, dans un livre excellent : « Je ne voudrais rien dire de désagréable, s'écrie-t-il, mais en vérité, les gens du sport ménagent un peu plus les animaux

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