LIBRES CONFÉRENCES ENTRE LES ELEVES
gulier de la classe ; au contraire, ils dirigeaient, sans paraître y toucher, ces conversations et ces travaux supplémentaires de façon à compléter les études ordinaires par des études analogues au fond, mais qu'ils savaient rendre plus attrayantes en y ajoutant un air de liberté. Leurs élèves y prenaient Thabitude de converser entre eux et avec leurs maîtres, tandis qu'on sort de nos lycées sans savoir ce que c'est que de parler librement et respectueusement à un supérieur.
Il n'y a pas un moment, dans toute la vie du lycéen, pour la conversation proprement dite. A l'étude, il travaille solitairement et n'a pas même le droit de consulter son voisin à voix basse ; en classe, il répond quand il est interrogé, ou lit le devoir qu'il a composé d'avance. Pendant les récréations, ce qu'il a de mieux à faire, c'est de courir. Rien de tout cela ne lui donne l'idée d'un salon. En prenant un peu de peine, on ferait un salon de la bibliothèque du collège ; le proviseur pourrait même ouvrir le sien, à certaines heures, et y recevoir, à titre de visiteurs, les meilleurs sujets de chaque classe. On mettrait son grand uniforme, et, sans sortir du lycée, on passerait une heure dans le monde. Ce n'est pas là qu'on prendrait le goût des plaisirs frivoles et des conversations vides. Un homme instruit, laborieux, honnête, d'habitudes élégantes quoique modestes, a bien des choses à apprendre à un enfant, qu'il ne lui enseignera pas du haut de la chaire. Nos collèges, qui ont été d'abord des cloîtres, qui sont à présent des casernes, gagneraient beaucoup, à mon avis, à devenir enfin des familles.
Je parle des internes jusqu'ici, et de leurs règlements; je sais qu'on échappe à une partie des incon-