Voyez l'arrêt du Parlement, 2 juillet
NÉGLIGÉE PAR l'aNCIENNE UNIVERSITÉ. 145
faites, finirent par s'introduire dans l'Université, qui se trouva inopinément accrue d'un nombre prodigieux de moines, et les jésuites créèrent à côté d'elle comme une université rivale, à laquelle il ne manquait que le droit de conférer des grades*. Mais que l'enseignement fût donné par les jésuites, ou par les mendiants, ou par l'Université elle-même, il conservait toujours quelque chose de clérical. La plupart . des régents étaient prêtres ; parmi les laïques, ceux qui ne gardaient pas le célibat, compromettaient leur avenir par leur mariage et perdaient une partie de leur autorité^. Il y avait même des prêtres parmi les étudiants ; il suffisait d'être régulièrement inscrit pour relever exclusivement des juges d'église. Les conservateurs des privilèges de l'Université étaient des évêques. La faculté de théologie, dont elle tirait son principal lustre, était une assemblée de définiteurs de la foi. Les collèges de boursiers, seuls connus dans les premiers siècles, et les collèges de pensionnaires libres qui se formèrent plus tard et devinrent très-nombreux par l'influence et sous l'impulsion des jésuites, avaient pris tout naturellement les habitudes des cloîtres, et les écoliers y étaient traités comme des novices. La noblesse, en sortant du collège, entrait dans les académies, ou salles de
1. En 1722, les jésuites obtinrent de fonder deux universités, Tune à Pau et l'autre à Dijon; mais ils ne jouirent pas longtemps de ce privilège, puisque leur Société fut bannie en 1764.
2. Il fut même question de les exclure des charges. La question fut portée devant le conseil d'État qui la laissa indécise. Napoléon, dans le Statut de 1808, la trancha en faveur du célibat. ■ Les proviseurs et censeurs des principaux lycées, les principaux et régents des collèges, ainsi que les maîtres d'étude de ces écoles, seront astreints au célibat et à la vie commune. » (Art. 101.)
RÉFORME DB l'bNS. 10
manège, et se préparait ainsi au métier des armes; mais les clercs et les bourgeois négligeaient absolument les exercices du corps*.
L'Université impériale ne sut faire dans le règlement de ses lycées qu'une copie servile des collèges de l'ancienne Université, qui n'étaient que des couvents. Comparez le règlement du 4 décembre 1769 à celui du 17 mars 1808. Voyez surtout le titre xiv'.
1. « Jusqu'ici, je n'ai parlé que des études qui servent à perfectionner rame, en formant Tesprit et les mœurs. Il faut dire aussi quelque chose de celles qui pourraient servir au corps, puisque après notre âme il. n'y a rien qui nous doive être si précieux que cette autre partie de nousmêmes; et que l'union étroite de l'une et de l'autre fait que Pâme n'est point en état de bien agir, si le corps n'est bien disposé. Je sais que cette sorte d'étude n'est point en usage parmi nous. On connaît assez les biens du corps, la santé, la force, l'adresse, la beauté : mais on croit qu'il faut que la nature nous les donne. L'art de les acquérir est tellement oublié, que s'il n'était certain que les anciens l'avaient trouvé, et l'avaient poussé à une grande perfection, peut-être ne croirait-on pas qu'il fût possible. C'est cet art que les Grecs nommaient gymnastique, qui consistait principalement dans l'exercice du corps, c'est pourquoi il est hors de mon sujet.... je laisserai doue ce traité des exercices à quelqu'un qui en sera mieux instruit que moi.... Tout ce qui donne de la force, sert aussi beaucoup mieux à la santé, que la force suppose nécessairement. Or, ce qui fortifie n'est pas, comme croit le vulgaire, manger beaucoup et boire beaucoup de vin, mais travailler et s'exercer en se nourrissant et se reposant à proportion. Les exercices les plus à l'usage de tout le monde, sont démarcher longtemps, se tenir longtemps debout, porter des fardeaux, tirer des poulies, courir, sauter, nager, monter à cheval, faire des armes, jouer à la paume, et ainsi du reste selon les âges, les conditions et les professions auxquelles on se destine. J'en laisse le détail à ceux qui voudront bien peut-être, un jour, donner quelque traité des exercices. » (L'abbé Fleury, du Choix et de la méthode des études, chap. XXI.)
2. Plusieurs des prescriptions de ce règlement étaient encore en usage sous la Restauration, et méritaient d'être conservées. Je citerai particulièrement les examens semestriels, les conférences de philosophie, les répétitions faites pendant l'étude du soir par les maîtres d'étude de quartier. Dans ce long règlement de 1769, dressé pour
NÉGLIGÉE PAR l' ANCIENNE UNIVERSITÉ. 147
L'empereur pensait qu'on n'accoutumerait jamais trop les enfants à obéir. Il établit quelques exercices militaires que la Restauration abandonna, pour revenir, sans aucun mélange, aux anciennes habitudes claustrales. Pendant trente ans, le nom même de la gymnastique fut presque oublié. Elle n'a commencé à avoir des partisans qu'après la Révolution de 1830, et elle n'en a jamais eu ni de bien nombreux, ni de bien puissants.
De temps en temps un écrivain prêche le sermon que je répète ici tant bien que mal; on avoue qu'il a raison, et il n'en est pas davantage. Ou bien, c'est un orateur, appartenant au tiers état des assemblées délibérantes, qui n'a pas le droit par conséquent d'aborder les grandes questions politiques, et qui, sentant son infériorité, s'occupe faute de mieux des questions d'éducation. Le ministre lui promet en trois mots de rendre la gymnastique obligatoire. Il fait le lendemain une circulaire, que les proviseurs ne lisent pas, et il dépense une centaine de mille francs à acheter des trapèzes. Cela fait peine, quand on visite un lycée, d'y voir le tremplin, le cheval de bois, les traverses, les échelles de corde, les trapèzes, les baguettes, les haltères, et d'apprendre que tout cela ne sert à rien ni à personne. J'avais résolu de mieux faire. La Chambre m'avait donné deux cent mille francs, outre les crédits ordinaires. M. Duruy, dont le zèle et l'activité étaient infatigables, avait
le collège Louis-le-Grand en exécution de deux arrêts du Parlement, et qui entre dans les détails les plus minutieux^ il n'y a pas un mot sur la gymnastique. Le titre ix qui porte ce titre : De la politesse et de la propreté, contient (art. 11) cette singulière prescription : « Ils laveront leurs mains au moins une fois chaque jour. »