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LES EXERCICES MILITAIRES

Rentrons au collège. Il n'y a eu qu'un cri de tous les enfants, après la guerre, pour demander à faire l'exercice. Ce n'est pas seulement après la guerre. En 1870, beaucoup, parmi les grands, sont partis, devançant l'âge. L'École normale tout entière s'était engagée ; elle a eu un mort, plusieurs blessés ; elle a mérité deux croix d'honneur et trois médailles militaires ^ Les élèves du lycée Condorcet m'écrivirent qu'ils étaient de taille à aller aux remparts. Je leur répondis, comme je le devais, qu'il fallait avoir la permission de leurs pères'. Je crois qu'à la rentrée de 1871, nous aurions été mal venus à refuser des fusils; et les familles, averties par l'établissement du volontariat d'un an, les réclamaient aussi, non sans raison. Je ne demandais pas mieux. L'exercice militaire est déjà de la gymnastique, et même une gymnastique excellente. J'avais vu les enfants des écoles primaires anglaises faire l'exercice sans fusil avec une précision parfaite et un plaisir sans égal. Nous avons réussi mieux qu'eux dans nos collèges, et le ministre de la guerre a donné des fusils à tous ceux qui pouvaient les porter et les manier. M. le général de Cissey, M. l'amiral Pothuau ont bien voulu venir au lycée Henri IV, où tous les lycées de Paris avaient envoyé leur bataillon d'élite, passer en revue nos jeunes troupiers, qui n'avaient encore que quatre mois d'exercice, et qui ont fait des mernées. Quelques élèves lui ont été confiés^ aux vacances^ pour un voyage dans le Midi. On s'est fort loué du résultat.

1 . M. Lemolnej fait prisonnier à la bataille de Villiers, est mort de ses blessures dans une ambulance prussienne. MM. Burdeau et Charve ont reçu la croix de la Légion d'honneur; MM. Lande^ Szymanski et Mérimée, la médaille militaire.

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