LES EXERCICES MILITAIRES
veilles. Il faudrait les habituer au tir, bien entendu avec la permission écrite des parents. Le maniement des armes s'apprend en quelques semaines; le tir demande une aptitude particulière, ou une longue habitude. On a commencé dans quelques collèges. Dans tout cet ordre d'idées, l'administration n'a pas de peine à se donner ; il lui suffît de permettre. Nos enfants n'aiment pas la caserne, et ils ont assez raison ; ils n'aiment guère la discipline, et ils ont tort. Ils aiment tout le reste du métier de soldat, même le danger.
S'agit-il de transformer le collège en régiment? d'inspirer aux écoliers le goût de la guerre? Oh ! non, mais de les rendre^ forts et hardis. Je voudrais qu'on détestât la guerre, et qu'on y fût toujours préparé. Je voudrais surtout qu'on s'habituât à l'image du danger, et au danger lui-même. C'est la véritable prudence. Quand un danger se présente, qui court le plus de risques? Le brave? Non, le poltron.
Mors et fugacem persequitur virum Nec parcet imbellis juventas Poplitibus, timidoque tergo •.
Je me proposais aussi de généraliser le goût et l'habitude de l'équitation ;mais pour cela encore je trouvais des contradicteurs. On craignait de donner aux enfants des habitudes de luxe et des goûts de dépense. Il ne faut pas se laisser aller à cette crainte. On ne devient pas un amateur de courses parce qu'on a appris à monter à cheval, et beaucoup de ceux qui fréquentent les courses n'ont jamais mis les pieds dans