Titre xiv, art
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lier de Noire-Dame elle substituait un concours dont l'Université seule serait juge. Au lieu de s'applaudir de celte émancipation, l'Université n'y voyait qu'une tradition brisée, une consécration religieuse perdue. Les principaux qui jusque-là avaient choisi librement leurs régents se plaignaient d'être obligés de les prendre parmi les agrégés. L'ordonnance établissait trois ordres d'agrégations : la philosophie, les lettres et la grammaire. Le traducteur des Géorgiques, Jacques Delille, Tut reçu agrégé au premier concours, qui eut lieu en octobre 1766. Il fallait être docteur es artspour être admis à concourir; mais les grades universitaires s'obtenaient alors très-aisément et de trèsbonne heure, puisque l'ordonnance même suppose des docteurs de dix-iiuit ans. Aujourd'iiui on exige le grade de licencié, qui ne s'obtient que par des examens très-sérieux et très-difficiles.
Nos professeurs sortis des concours de l'agrégation, la plupart élèves de l'École normale, en possession d'une véritable inamovibilité, puisqu'ils ne peuvent être mis à la retraite, même après l'ige réglementaire, que sur l'avis du Comité consultatif, et que, s'ils peuvent être déplacés dans l'intérêt du service, la mutation pour un emploi inférieur est une peine disciplinaire, promus aux diverses fonctions sur les notes de leurs proviseurs et de leurs recteurs, après discussion et comparaison des titres dans le comité des inspecteurs généraux, forment un corps recommandable par son origine, fortement organisé, composé d'hommes dévoués et honorables, laborieux, instruits, et qui, malgré notre habitude de nous dénigrer nousmêmes, en tout ce qui ne touche pas à nos prétentions d'avoir plus d'esprit et plus de valeur militaire
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que les autres peuples, peuvent être opposés avec avantage aux professeurs anglais et allemands. Nous comptons parmi eux des savants de premier ordre dont l'érudition est aussi étendue et aussi solide que celle de nos voisins, quoique moins fastueuse, et dont les écrits auront toujours, sur la plupart des livres allemands, l'avantage d'une exposition facile et d'une méthode lumineuse. J'avais pris quatre mesures, destinées, dans ma pensée, à accroître leur situation et l'importance des services qu'ils peuvent rendre. Je crois utile de faire connaître rapidement les principaux motifs qui m'avaient déterminé. Ces mesures sont les suivantes : suppression de l'éventuel, création du Comité consultatif, réunions mensuelles pédagogiques et conseils de famille.
Tous les membres de l'enseignement public, depuis le premier jusqu'au dernier, ont des traitements insuffisants. C'est une injustice et une maladresse : une injustice, puisque la société doit toujours proportionner le salaire au service rendu; une maladresse, parce que cette situation éloigne des hommes de mérite, fait des mécontents et oblige beaucoup de maîtres à chercher des ressources en dehors des travaux de leur profession. Pour les maîtres d'école, qui sont les plus pauvres et les plus nombreux, on fait de temps en temps un effort. L'instruction secondaire est plus abandonnée. Je ne puis citer qu'un ministre qui ait pris courageusement en main ses intérêts. En général, les traitements subsistaient tels qu'ils avaient été fixés dans l'origine, pendant que dans toutes les autres carrières on tenait compte de l'augmentation croissante des dépenses. Ainsi le décret organique de 1808 fixe à six mille francs le trai-
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tement des inspecteurs généraux et celui des recteurs ; à quatre cents francs le traitement des agrégés qui ne sont pas en fonction. C'est M. de Salvandy qui, en 1839, a porté ce dernier traitement à la somme peu exagérée de cinq cents francs. C'est moi qui, en 1848, ai proposé et obtenu d'élever à huit mille francs le traitement des inspecteurs généraux. Ces exemples peuvent donner une idée du reste. Les recteurs, qui sont, avec les inspecteurs généraux, les plus hauts fonctionnaires de l'Université, n'avaient encore que six mille francs quand on a fait la loi de 1850.
Je n'ai pas pu, pendant que j'étais ministre, augmenter les traitements. J'ai eu grand'peine à obtenir quelques améliorations absolument indispensables dans la dotation générale des lycées. On m'a refusé ce que je demandais pour les collèges communaux. Je ne sais quel sera le sort des augmentations que j'avais portées pour l'année prochaine au budget de l'enseignement supérieur. J'espère que le gouvernement ne commettra pas la faute de les abandonner. Il s'agit de sauver nos facultés ou de les laisser périr. Si j'avais demandé une augmentation de traitement pour les professeurs, j'aurais succombé, même au conseil des ministres, qui avait, avec raison du reste, horreur des dépenses nouvelles. C'est un défaut que les gouvernements n'ont pas toujours. Peut-être sera-t-on plus heureux à présent que l'indemnité de guerre est payée. Ne pouvant pas relever les traitements, je les avais du moins améliorés, en supprimant l'ancienne distinction entre le traitement fixe et le traitement éventuel.
Ceux qui s'intéressent à ces matières savent que.
jusqu'au décret du 25 septembre 1872, les professeurs touchaient un traitement fixe, qui leur était payé par douzièmes sur les fonds de TÉtat, et un autre traitement, connu sous le nom d'éventuel, qui n'était qu'une part proportionnelle sur le revenu annuel du lycée. On comprend que ce dernier traitement variait d'un lycée à l'autre et d'une année à l'autre dans le même lycée. Il en résultait de grandes difficultés pour l'avancement des professeurs et une incertitude très-regrettable dans le modeste budget de chacun d'eux. Le but qu'on s'était proposé à l'origine était d'exciter le zèle des professeurs pour la prospérité de l'établissement. Il faudrait plaindre rUniversité, si une espérance de cette nature pouvait exercer quelque influence sur l'esprit de ses membres. Très-heureusement, il n'en est rien. Le sentiment du devoir est très-puissant dans l'Université; je ne crois pas qu'il existe ailleurs au même degré. Tous les professeurs connaissent l'importance de leur charge et portent, en toutes choses, le sentiment profond de leur responsabilité. L'éventuel était d'ailleurs partagé entre tant de personnes (de dix-huit à trente, selon l'importance du collège), et les résultats du zèle déployé par chaque professeur étaient si éloignés, si précaires, si insignifiants, que cette considération aurait été sans valeur, même sur les esprits les plus disposés à en tenir compte. La seule occasion où lesprofesseurs influent directement et immédiatement^ et dans une grande proportion, sur la prospérité du lycée, leur est fournie par les examens de passage ; et ce que l'on doit chercher à inspirer aux juges dans cet examen, c'est précisément la résolution de sacrifier l'intérêt du lycée à l'intérêt général des études-
Pour que les élablissemenls de TÉtat aient une raison d'être, il faut rendre à ceux qui les dirigent le désintéressement facile. Ainsi, la seule raison invoquée pour maintenir le casuel aurait été pour moi une raison de le supprimer.
Je tenais beaucoup à améliorer la situation matérielle de nos maîtres, mais nous étions encore plus préoccupés, eux et moi, de leur dignité. L'enseignement public, dont l'Université est, et de beaucoup, la partie la plus importante, a à ssi tête un conseil supérieur composé de quarante membres, en comptant le ministre \ Sur ces quarante membres, dix-huit sont étrangers à l'enseignement, et même à la science et aux lettres*, six appartiennent à la science et aux lettres', seize seulement, un peu plus du tiers, à l'enseignement*, et parmi ces seize je compte quatre membres de l'enseignement libre, qui sont les rivaux et quelquefois les adversaires de l'Université. S'il est vrai que l'Université trouve dans le Conseil supérieur des appuis auprès des grands corps de l'État, elle n'en est pas moins soumise à une assemblée trèsillustre et très-puissante, mais en réalité très-peu