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Rabelais, Pantagruel, liv. Il, chap. vni

RÉFORME DE L'BNI. 18

On peut s'assurer de la force de ce moyen d'action, en comparant dans un collège ceux qui se préparent à un examen et ceux qui suivent languissamment le cours des études pour atteindre le temps des vacances. Comparaître devant le public, payer de sa personne, courir le risque de rester muet ou de faire rire Tauditoire, et le risque plus gros de redoubler une classe, d'être chassé, relégué dans une école primaire; espérer, au contraire, un succès inunédiat, suivi d'un prix et d'une promotion : il y a là de quoi mettre en jeu l'intérêt, l'amour-propre, tout ce qui mène les hommes, tout ce qui les contraint à d'énergiques efforts.

En Allemagne^ on ne passe d'une classe à une autre qu'à la suite d'examens. Deux sont particulièrement sévères : celui qui fraye le passage de la cinquième à la quatrième, c'est-à-dire de la division inférieure à la division intermédiaire, et celui qui couronne les études du gymnase et donne entrée à l'Université, abiturienten-examen^ . Celui-ci est l'analogue de notre examen de bachelier. L'importance toute particulière de l'autre tient à ce que, dans les gymnases allemands, on prévoit le cas où des jeunes gens reconnaîtraient, après quatre années, qu'ils ne sont pas propres à suivre les carrières libérales, et renonceraient, soit spontanément, soit d'après les résultats de leurs examens, à pousser plus loin leurs études. Ces quatre premières années sont organisées de telle sorte, qu'elles sont un commencement pour ceux qui continuent et un tout pour ceux qui s'arrêtent. M. Cousin fut très-frappé, dans son voyage

1. Minssen, Étude sur rinstruction secondaire et supérieure en Allemagne, Paris, 1866, p. 41 .

en Allemagne, des avantages de cette combinaison qui subsiste toujours; j'aurai occasion d'y revenir en parlant de la distribution des matières de renseignement. Le principe une fois admis, la sévérité exceptionnelle de l'examen qui suit la classe de cinquième s'explique tout naturellement, et M. Cousin dit avec raison qu'à la rigueur il peut tenir lieu de tous les autres. « Celui-là , s'il est ce qu'il doit être, peut suffire à la rigueur et dispenser de tous les autres; mais il est absolument nécessaire*. »

Un autre moyen d'émulation, mais qui n'est que cela, tandis que lés examens de passage ont des vertus multiples, c'est un bon système de distribution des bourses.

Il y a, dans les Universités allemandes, de nombreuses bourses (stipendien) ^ fondées par la couronne, les communes, d'autres corporations ou des particuliers. Les bourses privées ou de familles sont distribuées suivant les intentions du fondateur ; mais pour les bourses publiques, quelle qu'en soit l'origine, elles ne peuvent être données par les collateurs qu'à des étudiants ayant obtenu, à l'examen de sortie, abiturienten-examen, le certificat n** 1. (11 y a trois certificats : le n° 1, capacité suffisante; le n® 2, capacité incomplète, et le n° 3 pour les candidats encore incorpai)les.) Il y a aussi des bourses de diverses provenances dans les gymnases ; celles qui viennent de l'État sont à la disposition des consistoires* Dans l'esprit de l'institution, elles doivent être données aux plus dignes. Ainsi les bourses d'Université et les

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