LES ORDONNANCES DE
des écoles ecclésiastiques : « Les droits des évêques pour l'instruction des jeunes gens qui se destinent à l'état ecclésiastique sont trop sacrés pour que l'Université veuille les en dépouiller. La violence en a suspendu l'exercice pendant quelque temps, mais ils sont imprescriptibles; vouloir en user n'est pas donner aux maîtres particuliers qui dépendent de l'Université le funeste exemple de secouer son autorité; et l'on n'a pas à craindre, comme vous le dites, une anarchie générale dans renseignement, parce que les évôques dirigent celui de leurs petits séminaires et prendront les précautions nécessaires pour les préserver de l'immoralité et de l'esprit d'irréligion qui régnent dans la plupart des établissements d'instruction publique. Ainsi nous sommes loin de croire que Son Excellence le grand-maître, qui n'a fait exécuter qu'à regret le désastreux décret du mois de novembre 1811 , et qui en a môme adouci les dispositions autant qu'il était en lui, veuille se prévaloir de l'ordonnance du 22 juin qui ne dit pas un mot des petits séminaires, pour conserver son autorité qu'il a toujours senti ne devoir pas lui appartenir et pour s'opposer à un des plus grands avantages de la restauration... » Or, cette ordonnance du 22 juin, qui ne disait pas un mot des petits séminaires, permettait au clergé de concevoir l'espérance du retour à un régime de liberté : elle « maintenait », il est vrai, « les lois de l'Université », mais seulement « jusqu'à ce qu'il ait pu être apporté à l'ordre actuel de l'éducation publique les modifications qui seraient jugées utiles » 2 .
Sûres de l'appui du pouvoir, devançant les réformes qu'elles espéraient, les autorités ecclésiastiques du diocèse de Poitiers — et il en fut sans doute de môme dans d'autres diocèses — s'empressèrent «dès que le roi leur fut
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rendu », de soustraire les élèves de l'école ecclésiastique à la funeste influence des lycées. Mollement, pour la forme, les bureaux du grand-maître protestèrent, mais le procureur général chargé d'empêcher la violation du décret non encore abrogé, reçut bientôt l'ordre « d'attendre » Vil n' «attendit» pas longtemps car bientôt une décision royale parut, qui rassura les plus impatients : le o octobre, l'abbé de Montesquiou faisait signer à Louis XVIII une ordonnance qui donnait à l'Université napoléonienne le premier coup de pioche : à l'avenir les écoles ecclésiastiques pourraient être placées à la campagne, et dans les lieux où il n'y aurait ni lycée ni collège communal; dans les villes où il y aurait déjà des établissements d'enseignement secondaire, après deux années d'études les élèves prendraient l'habit ecclésiastique et seraient dispensés de fréquenter les leçons des lycées et des collèges. La rétribution du vingtième était supprimée; les élèves ecclésiastiques pourraient se présenter au baccalauréat qui leur serait délivré gratuitement ; ainsi pourrait-on de nouveau « former des prêtres et instruire, dès l'enfance, ceux qui devaient passer dans les grands séminaires \ » On mettait fin au «blocus universitaire» mais on maintenait encore, théoriquement, l'Université. L'ordonnance du 15 février 1815, qui la supprima momentanément, ne faisait, en réalité, que consacrer une réforme déjà faite. Dans l'organisation nouvelle, Fontanes fut évincé, — car il fallait, satisfaire
1 A Paris, on annotait ainsi : « Il faudra bien classer. • BB'° 928 et F' 7 « , 63241.
* Sur un point, cependant, on maintenait les principes de 1811 : « Ne voulant pas toutefois que ces écoles [ecclésiastiques] se multiplient sans cause légitime. » le roi n'autorisait les archevêques et évéques à n'en entretenir qu'une par département; une permission spéciale était nécessaire pour en établir une seconde. L'essentiel de l'ordonnance du 5 octobre c'était la séparation du lycée et du petit séminaire. F'»*, 94*.
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