LE CARDINAL FESCH, A LYON
rant qu'il « faudrait tenir l'oeil sur ce séminaire ». « Monseigneur le cardinal, écrivait-on dans le rapport adressé à Fouché, est apparemment certain qu'il n'y a aucun danger dans cette introduction, que ces individus auront renoncé aux principes de leur ancienne aggrégation, qu'ils se regar- • deront comme déliés de leur serment d'obéissance passive aux volontés de la cour de Rome pour se soumettre aux lois françaises de tous les temps et reconnaître les maximes de l'Eglise gallicane; on le souhaite; mais on voit dans la conduite générale des Jésuites un système suivi de rétablissement ; il est plus ou moins actif suivant les circonstances et les lieux; leur espérance est éloignée pour la France, tant par l'effet du décret impérial du 3 messidor an XII que par l'assurance donnée au nom de Sa Majesté Impériale qu'ils ne se rétabliront jamais. Mais ils savent attendre et se préparer des moments favorables en se formant successivement (depuis plus de quarante ans qu'ils sont détruits), des élèves dans l'esprit desquels ils perpétuent leurs maximes 1 . »
En outre, le cardinal entretenait avec les évêques une abondante correspondance; il les stimulait, il les avertissait, il réchauffait leur zèle; il leur donnait des conseils. A celui de Quimper, il écrivait, en 1803 : « Ne vous fiez pas aux collèges ; les changements de préfets et de souspréfets suffisent pour détruire nos espérances et nous avons besoin d'établir solidement l'éducation ecclésiastique ».
* Rapport minuté par de Villiers du Terrage, dans F 7 , 8485 (5213 P.) Y. l'article du P. Dudon, Fe*c7i et les séminaires lyonnais, dans les Éludes, revue des Pères de la Compagnie de Jésus, n° du 20 août 1903. Napoléon disait de Fesch : « Mon oncle, qu'on le mette a l'alambic, il en sortira des séminaires, c'est un élément de sa constitution. » M. Dudon écrit : « L'ultramontanisme de Fesch est un mythe. » Le fait d'appeler des Pérès de la Foi au séminaire de Largentiôre donne un démenti à cette affirmation.
EN L'AN XIII, PUIS DE NOUVEAU EN 1807, FOURCROY VEUT ARRÊTER LA CONCURRENCE FAITE AUX LYCÉES; SON RAP- PORT AU MINISTRE DE L'INTÉRIEUR.
Dès Tan XIII, Fourcroy, qui savait quel esprit d'opposition régnait dans les pensionnats, aurait voulu une énergique intervention de l'Etat pour arrêter la concurrence qui augmentait ; là où il y avait des lycées ou des collèges communaux, l'école secondaire particulière — et sans doute aussi le petit séminaire — devrait, proposait-il, envoyer ses élèves dans rétablissement de l'État ou de la ville. « Au nom des droits sacrés de la paternité », Portalis refusa tout ce qui aurait pu paraître limiter ces droits; il prétendait que l'uniformité d'enseignement demandée par Fourcroy serait suffisamment assurée par l'inspection et pour justifier le régime de libre concurrence il rappelait qu'après l'expulsion des Jésuites les collèges n'avaient pas prospéré davantage, mais que l'instruction familiale s'était en revanche développée 1 .
A la faveur de celte tolérance les petits séminaires prospérèrent, tandis que les lycées végétaient ; pour créer de nouveaux établissements ecclésiastiques, pour augmenter la population scolaire de ceux qui existaient déjà, on sollicitait la générosité des fidèles par des lettres pastorales éloquentes et les dons affluaient 2 . De nouveau,
1 AFiv, 1050, 17 vendémiaire an XIII. Eugène Rendu, dans la biographie de son père, Ambroise Rendu, cite ce rapport de Portalis qu'il a vu aux archives, mais il n'en donne pas la cote. v. E. Rendu, AT. Ambroise Rendu et l'Université de France. Paris, 1861, p. 32.
* Bulletin de Lyon du 18 mars 1807 (F 1 , 8485).