PUY-DE-DOME
M. Vacher de Tournemine, recteur de l'académie de Clermont et sous la surveillance duquel se trouve le lycée, est un homme de mérite très .distingué. Son dévouement à Sa Majesté n'est pas moins connu que sa probité et l'austérité de ses mœurs.
M. Vittard, proviseur, a d'excellents principes, mais M. le préfet ne le croit pas administrateur habile.
M. i'abbé de Courvières [Descourvières], censeur des études, est plein de zèle et de bonté pour les élèves.
Tous les professeurs de ce lycée ne sont pas égaux en talents, mais l'instruction qu'ils donnent à leurs élèves est très supérieure à l'enseignement des autres écoles du département. Cependant il reste dans l'isolement ; on lui préfère le. collège de Montferrand, dont les professeurs sont exclusivement des prêtres. Ce n'est pas que les élèves du lycée négligent les devoirs que prescrit la religion; ils entendent la messe, ils se confessent, on leur fait le catéchisme et ils apprennent l'Kvangile, mais ils reçoivent une éducation assortie aux besoins de la société. Ils étudient les mathématiques ; on leur enseigne la physique, la chimie efe l'histoire naturelle l .
Il y a trop de prêtres déportés dans les établissements publics d'enseignement; la plupart sont revenus d'Espagne d'où ils ont rapporté des opinions contraires au vœu du gouvernement. Ils sont dangereux surtout pour ceux qui, dans la hiérarchie des pouvoirs, se trouvent au-dessous
1 L'application du décret du 15 novembre 1811 se fit ainsi : le premier jour, les 232 élèves de 1 "école secondaire ecclésiastique allèrent au lycée; dès le lendemain, ce chiffre baissa; bientrtt, il n'excéda plus 40! Le parcours de Montferrand à Clermont effrayait les familles. « On serait bien fâché de n'avoir plus de prétexte pour se refuser de venir au lycée a si le préfet autorisait le transfert de l'école dans la ville de Clermont... (Rapport du recteur, 1!) décembre 1811. F ,7 « , 63237.) — V. dans l'Introduction la curieuse lejtre où le préfet explique plus longuement les raisons du peu de développement du lycée.
d'eux et ont des principes qui ne sont pas les leurs. Les textes sur lesquels les élèves composent sont pris partie dans l'histoire ancienne, très peu dans la moderne, point du tout dans celle de nos jours.
Dans le lycée de Pau, il y a un recteur, un inspecteur (l'abbé Boyer) et un aumônier, tous trois revenus d'Espagne avec des principes extraordinairement intolérants. Le recteur débuta par faire renvoyer du lycée deux anciens bénédictins instruits et dévoués au gouvernement parce qu'ils n'avaient pas rétracté leur serment. Des inspecteurs envoyés dans ce département par le grand maître ont montré un esprit de parti dangereux. Lorsqu'on a parlé d'une certaine bulle d'excommunication, on a cessé de chanter au lycée le Domine saloum fàc Imper alorem.
M. le commissaire général de police de Bayonne a vu avec peine que ce pays qui a un besoin particulier de bons maîtres, n'a presque que des instituteurs publics peu éclairés. 11 en excepte 5 qui se trouvent à Bayonne, Cambo, Saint-Jean-de-Luz et Clairence [Laruns?]. Ils se servent des auteurs classiques approuvés par le grand-maître et paraissent sincèrement attachés au gouvernement. L'un d'eux, l'abbé d'Iharce, qui réside à Clairence, est un admirateur de Sa Majesté. 1 .
Il entretient ses élèves de la vie et de la gloire du Monarque français avec le plus vif enthousiasme 1 .