PAS-DE-CALAIS
Malgré l'espèce d'indépendance dans laquelle le corps enseignant se trouve depuis l'établissement de l'Université impériale, le préfet ne néglige rien pour remplir les intentions de Son Excellence et lui faire connaître la direction qui sera donnée à l'enseignement. 11 a reconnu jusqu'à cejour un fort bon esprit dans les chefs et les professeurs ; tous se montrent dévoués au gouvernement 1 .
4 Bulletin du 10 octobre 1810 (AFiv, 1510). — Un séminaire à Arras avec 34 élèves; trois « espèces de petits séminaires » avec 197 élèves; « peu de connaissance, mais beaucoup de zèle et une parfaite soumission »; « tous ces étudiants sortent des basses classes de la société; plusieurs parents les destinent à l'Eglise pour les soustraire à la conscription ou les élever au-dessus de leur condition. Peu d'entre eux embrassent cet état par vocation. » (F'. 8369.) — Au séminaire d'Arras, l'enseignement de la philosophie resta organisé, après le décret du 15 novembre 1811, qui prescrivait de le réserver aux seuls lycées et collèges. — L'application du décret fut difficile dans ce département; voici ce qu'écrivaient, le 29 juillet 1811, les inspecteurs généraux : « En arrivant dans le Pas-de-Calais, nous apprenons que le recteur a pris les mesures nécessaires pour faire fermer, au l» r juillet prochain, les petits séminaires de Duhem, Amettes et Audinghen; mais nous apprenons, en même temps, que l'on se propose de les transférer et de les réunir à Aire, sous prétexte que cette ville possède un collège. Après avoir visité Aire, après avoir étudié l'esprit du pays, après avoir examiné quel est le motif qui dirige les ecclésiastiques dans le choix de cette ville, nous croyons de notre devoir de prévenir Votre Excellence que, selon nous, l'effet du décret impérial sera manqué, si l'Université donne les mains à ces arrangements; le principal du collège d'Aire est un prêtre respectable, mais nous avons lieu de craindre qu'entraîné, ou par ses opinions ou par l'intérêt personnel, il ne se prête aux vues des chefs de l'école ecclésiastique; la ville est petite, la rétribution universitaire faible, les vivres sont à bas prix, en sorte (pie ce prétendu collège ne tardera pas à attirer à lui les élèves de tous les grands établissements du voisinage ; enfin, et cet article me semble de la plushaute importance. Aire n'étant point assez riche pour payer jamais des professeurs de rhétorique et de philosophie, les directeurs de ce petit séminaire auront un prétexte naturel et c'est là, en grande partie, ce qu'ils cherchent, pour établir ces chaires dans leur maison, si Votre Excellence n'exprime pas que c'est particulièrement les élèves de philosophie qu'il importe d'amener à suivre les cours des établissements publics. Déjà, le collège d'Aire, semblant unir ses intérêts avec ceux des petits séminaires, assure qu'il s'enrichira de presque tous les élèves du collège de Sain t- Omer. dès que le collège de Sainf-Omer aura été transformé en lycée. » (29 juin 1812. de Coiftier et Budan), iF 17 " , 63238;. On décida le placement de l'école secondaire ecclésiastique à Saint-Omer.
RÉPONSES DES PRÉFETS fOl
PO
Les différentes branches dont l'instruction se compose dans ce déparlement sont : l'Académie, les lycées, les collèges, les institutions, les pensions, les écoles primaires.
Le lycée de Turin qui est sous la surveillance directe de M. de Balbe, inspecteur général de l'Université, etc., répond aux vœux du gouvernement. Toutes les personnes qui y sont attachées méritent des éloges.
Les collèges sont en général bien organisés. Les professeurs font usage dans les classes des ouvrages prescrits. La direction donnée à l'enseignement est bonne. Quclquesconteslations élevées dans le collège de Quiers entre les professeurs et alimentées par les manœuvres de M. Bracco, aumônier, homme turbulent, ont fait diminuer le nombre des élèves, mais le recteur a pris des mesures pour faire cesser ces dissensions. Dans les discours prononcés à l'occasion de l'ouverture des classes et de la distribution des prix, les orateurs s'attachent à pénétrer les élèves des sentiments de reconnaissance envers le chef suprême de l'Etat.
Le nombre des pensions n'est pas considérable ; ces établissements ne sont pas dans un état florissant, mais il y a lieu de croire qu'ils s'amélioreront.
11 n'y a dans tout le déparlement qu'une seule institution située à proximité de la ville de Turin. Elle compte six professeurs, y compris le directeur qui est Français. Ce choix a pour but de donner aux fonctionnaires publics français les moyens de faire élever leurs enfants dans un lieu où ils n'oublient point ce qu'ils savent de leur langue maternelle.
11 existe une école primaire dans presque toutes les communes. Dans toutes c'est un prêtre qui enseigne à lire et à écrire en italien et les éléments de la langue latine. En général, les instituteurs sont peu instruits. Il est à désirer que l'école normale en fournisse bientôt de plus habiles *.
• Bulletin du 10 octobre 1810 (AFiv, 1510) et 30 octobre (AFiv, 1511 )