SEINE-INFÉRIEURE
Les préfets n'ont plus une influence immédiate sur les établissements d'instruction publique. Le grand-maître croit devoir rester dans toute la latitude de l'indépendance où se trouvent placées ses attributions, les recteurs paraissent jouir exclusivement de sa confiance.
Les membres de l'académie de Rouen sont des hommes sages et instruits. Les facultés des lettres et de théologie sont les seules qui soient en activité ; on ne peut encore juger des avantages qui doivent résulter de la nouvelle organisation.
Le lycée n'a pas fait de progrès sensibles sous le rapport de l'instruction ; le régime extérieur s'améliore, le proviseur et les professeurs ont du zèle, des talents et un bon esprit.
11 faudrait que les autorités locales fusssent plus consultées sur le choix des instituteurs primaires et qu'on ne s'en référât pas exclusivement aux ministres de la religion 2 .
• F% 8369, mars 18H.
' * Au Bulletin du 7 novembre (AFiv, 1511) : « Au Havre, les professeurs du collège sont dévoués à l'empereur, mais ne se servent que des anciens ailleurs. Mêmes principes a Dieppe et à Fécomp. A Honneur, trois pensionnats tenus par des prêtres dévoués. A Trouville. le préfet a destitué l'ancien instituteur. Il voudrait continuer sous prétexte d'instruire gratis. Le commissaire général du Havre a pris des mesures pour l'en empêcher. Celui qui le remplace est estimé. »
L'éducation organisée au Havre est encore aujourd'hui ce qu'elle était il y a un demi-siècle. Les professeurs des collèges et les maîtres de pensions, quoique paraissant s'attacher au gouvernement, n'ont pu encore s'affranchir de la routine ordinaire en associant aux héros de l'antiquité et proposant pour exemple à la jeunesse celui qui, de nos jours, a opéré tant de merveilles. Le commissaire général de police du Havre leur a fait donner des instructions à cet égard qui pour être suivies d'un succès complet auraient besoin d'être appuyées par les instructions du grand-maître de l'Université.
Les villes de Dieppe et d'Eu sont dans le même cas. A Fécamp, les instructeurs sont attachés au gouvernement et inspirent à leurs élèves l'amour du souverain. L'enseignement qui se donne à Saint-Valery-en-Caux se borne à la lecture, l'écriture et les calculs. Les maîtres y sont animés d'un bon esprit, mais aucune partie de l'instruction ne rappelle aux élèves leurs devoirs envers la patrie et le souverain. A Honflcur, les maîtres de pension sont au nombre de trois, tous prêtres attachés au gouvernement. Il y a, en outre, dans cette ville six maîtres d'école dont deux sont primaires. L'instituteur qui exerce a Trou vil le est nouvellement installé et paraît digne de la conliance du gouvernement. La commune de Dives renferme une école primaire dont le directeur avoué par le gouvernement est avantageusement connu. Enfin, Luc construit deux écoles où I on enseigne à lire, à écrire, le calcul, le catéchisme de l'Empire. Les maîtres jouissent d une bonne réputation *.