ROSE
« Ii y a une autre révision qui, à mon avis, ne serait pas moins utile que celle-là, c’est celle de notre méthode de travail. Si le travail parlementaire n’est pas organisé d'une façon rationnelle et prompte, une Chambre risque de ressembler à un moulin qui moud à vide. Eh bien ! notre règlement, il faut le reconnaître, paraît trop souvent combiné de façon à nous empêcher d'aboutir. C’est une vieille et lente mécanique, c’est, passez-moi le mot, la machine de Marly. Nous avons nommé une Commission chargée de la réprimer (1). Je suis convaincu qu'elle trouvera dans la procédure de Parlements étrangers, et notamment du Parlement britannique, plus d’un exemple utile à suivre, par exemple en ce qui concerne le rôle de nos Commissions administratives, la discussion et le vote du budget et l’abus des interpellations. »
Dans sa profession de foi de 1898, M. Deschanel affirmait encore : « Aussi le premier soin de la Chambre nouvelle devra-t-il être de modifier le règlement : la réforme parlementaire sera la clef des autres ».
Plus directement inquiet de l'efficacité du travail des Commissions, M. Poincaré, dans la Revue de Paris du 4® avril 1898, avait écrit
« Il faudrait adopter une méthode qui, au lieu de favoriser l’éparpillement et l'impuissance des efforts personnels, les régularise et les concentre. La crainte très justifiée des Comités conventionnels a amené sans raison le fractionnement indéiini de Commissions parlementaires. C'est à peine si de temps à autre, par exception, une proposition est renvoyée à une Commission déjà nommée. La Chambre est émiettée en une multitude de petits organes qui se neutralisent ou se contrarient. L'insuffisance et le désordre de la préparation fournissent des prétextes à la furie des amendements. Des projets fragiles et mal bâtis sont renversés par des improvisations de séance. Rien n’empêcherait de faire un classement
(1) I1 s'agit de la Commission du Règlement de ia sixième législature, dont nous venons de rappeler les efforts impuissants.