‹ La réforme, de Luther à Shakespeare \Chapitre 10 sur 17 · VII · texte numérisé non relu

VII

(1) Amico, hai vinto, io ti perdon... perdona

Tu ancora, al corpo no, che nulla pave, Air aima si ; deh ! par lei prega, e dona Battesmo a me, ch' ogni mia colpa lave.

remplit d'eau son heaume , puis revint près de la mourante et soulève la visière qui lui masquait le front : alors seulement il la reconnut. Et il ne mourut pas, mais il rassembla toutes ses forces pour rendre la vie , par le baptême, à celle qu'il avait tuée. Et tandis qu'il murmurait les saintes paroles, elle, transfigurée par la joie, le sourire aux lèvres, semblait dire : « Le ciel s'ouvre, je m'en vais en paix. » Et pâle, les yeux au ciel, elle tend sa main nue et froide au chevalier en signe de réconci- Hation. C'est ainsi qu'elle expire et on dirait qu'elle dort. Tancrède qui survit, dans l'effarement du remords et de la douleur , devient véritablement tragique. Le drame se dénoue saintement , Clorinde est montée au ciel, comme Laure et Béatrice. Elle apparaît en songe à Tancrède, vêtue d'une robe étoilée, plus radieuse que jamais, et se penchant sur lui pour essuyer ses larmes, elle lui dit : ce Vois combien je suis belle et combien je suis heureuse, ô mon fidèle, apaise en moi ta douleur. Telle je suis grâce à toi ; tu m'as enlevée par erreur du monde des vivants, tu m'as élevée par pitié dans le sein de Dieu. Ici, bienheureuse, je jouis en aimant, ici j'espère qu'une place t'est réservée où, au grand soleil et dans le jour éternel, tu t'enivreras de ses beautés et des miennes... Vis donc, et sache que je t'aime, et je ne te le cache pas, autant qu'il est permis d'aimer une créature humaine. » Elle dit et flamboya d'un zèle sacré.,, puis s'en-

In queste voci languide risuona

Un non so che di flebile e soave

Ch' al cor gli serpe, ed ogni sdegno ammorza,

E gli occhi a lagrimar gl' invoglia e sforza

(XII, C(î.)

ferma dans la profondeur de ses rayons et disparut (1). Voilà l'amour idéal, tel que l'avaient rêvé Dante et Pétrarque ; il y a aussi dans le poème l'amour humain , dévoué, celui d'Herminie soignant les blessures de Tancrède ; il y a même (chose rare en Italie,) l'amour conjugal, celui d'Odoard et de Gildippe, ces deux époux inséparables qui combattent et meurent ensemble fidèlement. Il y a enfin l'amour terrestre, nécessaire alors, même dans les épopées héroïques, où l'on chantait « les armes pieuses » et le « grand sépulcre du Christ ». Il fallait aux

(1) Ed ecco, in sogno, di stellata veste Cinta gli appar la sospirata arnica. Bel] a assai più ; ma lo splendor céleste L' orna e non toglie la notizia antica. E con dolce atto di pietà, le meste Luci par che gli asciughi, e cosi dice : Mira corne son bella e corne lieta, Fedel mio caro, e in me tuo duolo acqueta.

Taie i' son, tua mercè : tu me dai vivi Del mortal mondo, per error, togliesti ; Tu in grembo a Dio fra gl' immortali e divi, Per pietà, di salir degna mi festi, Quivi io beata amando godo, e quivi Spero che per te loco anco s' appresti, Ove al gran Sole e nell' eterno die Vagheggerai le sue bellezze e mie.

Se tu medesmo non t' invidi il Cielo, E non travii col vaneggiar de' sensi , Vivi e sappi cii' io t' amo, e non tel celo, Quanto più creatura amar conviensi.

Cosi dicendo, fiammeggif» di zelo Per gli occhi, fuor del mortal uso accensi : Poi nel profondo de' suoi rai si chiuSe, E sparve, e novo in lui conf orto infuse.

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