LA VA ES
diatement la Révolution. La corvée n’a pas laissé un meilleur souvenir dans l’Est de la France et c’est cette raison, jointe à l'élévation du prix des salaires, qui explique pourquoi les communes de l'Ain, des Ardennes, de l'Aube, de la Marne ou de l’Yonne, malgré de lourdes impositions locales, y joignent encore volontiers celle de la taxe vicinale.
Dans les régions pauvres où les paysans émigrent l'hiver, on a une raison toute spéciale de supprimer la prestation ; elle est très lourde à supporter dans ces pays parce qu'on ne peut guère lacquitter en nature, les hommes valides (les seuls qui paient des prestations), émigrent l'hiver et ne sont au pays qu'au moment des grands travaux d'été, ils n’ont pas le temps de faire des prestations en nature ou s'ils le font ce n’est pas à temps perdu. Dans ces conditions, les prestations étaient un impôt pénible à supporter, aussi la axe vicinale s’est-elle rapidement répandue dans l'Auvergne et la Savoie.