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Dans lï Liberté du 21 août 18G

2. Voy. Ernest Naville. La question électorale en Europe et en Amérique. Genève, un vol., 1871, p. 139.

3. La représentation proportionnelle et les partis politiques, un vol., Paris. IWi, p. i-2.

4. Le quotient électoral est le résultat de la division du nombre des votants par le nombre des députés à élire.

à la Chambre serait compliqué et surtout plein de surprises, car les députés élus sans concurrent ou ayant obtenu une majorité (considérable dans les départements où la même opinion réunit un grand nombre d'électeurs) auraient une influence prépondérante, à rencontre de ceux élus dans les départements où les partis sont plus divisés et où la lutte est plus difficile et plus rapprochée.

Examinons maintenant les différents systèmes qui reposent sur le principe du quotient.

Le système du quotient simple a été appliqué en Australie, vers 1840, pour l'élection de la municipalité d'Adélaïde. Il ne peut exister qu'avec le vote public exercé par un petit nombre d'électeurs, comme à l'époque où il fut imaginé par M. de Villèle, en 1839. Avec ce système, les électeurs se groupent en différents collèges, comprenant le même nombre de membres, suivant leurs opinions; ces collèges sont aussi nombreux que le chiffre des députés à élire. Dès qu'un groupe atteint le chiffre du quotient, il a droit à un député. Ce mode de procéder n'est que relativement proportionnel, puisqu'il faut égaliser les groupes et qu'il est difficile de tenir compte des restes qui dépassent les quotients. Il est très favorable aux groupes importants qui peuvent se diviser pour obtenir davantage de députés.

On a corrigé ce que le précédent système a d'imparfait par la combinaison du quotient a{>ec transfert des votes, soit au choix des électeurs, soit au choix des candidats. Le premier système a été inséré dans la loi danoise du 2 octobre 1855, sur la proposition

d'Andrae, ministre des finances et ancien professeur de mathématiques. Mais il a été surtout connu, en 1863, à la suite des travaux de Hare \ de Stuart Mill 2, de L. Palma {Potere elettorale, Milan, 1869, p. 325), de Padelletti, dans la Nuova Antologîa^ Florence, septembre 1871.

Le quotient est calculé comme d'habitude. L'électeur ne vote que pour un nom et chaque candidat est élu dès qu'il a atteint le quotient. Mais, à la suite du candidat pour qui l'on vote, on inscrit le nom de celui qu'à défaut du premier on préfère voir élu, puis le second, puis le troisième, — autant que de députés à élire — , et le vote est attribué au premier candidat qui n'a pas atteint le quotient. Ce système n'évite pas les seconds tours de scrutin, ni les élections partielles et, dans ce cas, il ne peut plus fonctionner : il faut avoir recours au scrutin majoritaire. Il exige, en outre, plusieurs dépouillements successifs, car on ne peut connaître, tout d'abord, que le premier député élu, puis le second, et ainsi de suite. Ce mode de votation peut convenir à l'élection d'un bureau ou d'un conseil d'administration, mais pas au suffrage universel, divisé et disséminé dans une multitude de collèges électoraux. C'est l'invention ingénieuse, mais impraticable, d'un professeur de mathématiques, un système savant et qui repose, comme l'a dit Andrae lui-même, sur le calcul des

\. Frazcrs magazine, lévrier et avril 1860. A (réalise on the élection of représentation, Londres. 3« édition, ISiir».

2. Considérations sur le régime représentatif, traducliou de Dupont-White, Paris, 1805. « Dans une (léinocralic réellement égale, dit Sluart Mill, tout parti serait représenté dans une proportion identi(iue à ce qu'il est; une minorité d'électeurs devrait toujours avoir une minorité de représentants ». Stuait iMili, Mes Mémoires, p. 240 el suiv. Disconrs à la Chambre des communes, séance du 29 mai 1807.

probabilités ^ Évidemment, comme nous l'avons déjà vu, l'unité de collège est impossible à réaliser et il faut additionner les résultats partiels obtenus dans les bureaux de dépouillement pour arriver au résultat définitif. Mais, dans la plupart des systèmes, cette addition est la seule opération à faire. Ici, il faut effectuer des combinaisons sans fin pour aboutir au but. D'autre part, le résultat change, suivant l'ordre du tirage du nom des candidats, suivant qu'un bulletin portant en tête un candidat plutôt qu'un autre sort le premier de l'urne. Ce hasard est évidemment absurde, car personne, ni comité ni bureau électoral, n'a le droit de désigner quel est le candidat qui doit sortir le premier.

En outre, il faut centraliser les bulletins et les dépouiller dans un bureau unique. C'est d'une complication tellement grande, qu'on a proposé sept ou huit modes différents de dépouillement et que, notamment, quand, les suffrages se sont égarés sur trop de candidats et que tous ou plusieurs d'entre eux restent au-dessous du quorum, on est obligé de procéder à de nombreuses élections complémentaires ou de déclarer élus à la majorité relative des candidats qui ont recueilli un très faible nombre de voix^.

En somme, ce système doit être condamné parce qu'il repose sur deux éléments dont personne n'est maître : l'ordre dans lequel les électeurs disposent les noms des candidats et l'ordre d'après lequel ceux-ci sortent de l'urne.

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