J. B. G. Gauffe, Le refuge italien, Genève
2. Lettres françaises de Calvin, publiées par J. Bonnet, Paris, 1854, vol. II, p. 206. Calvin, Opéra, vol. XVII, col. 255.
I,A RÉFORME EN ITALIE. 19
COMMENT SE RÉPANDIT LA REFORME
femme infidèle et qu'elle consente à vivre avec lui, qu'il ne se sépare point d'elle. » Mais d'autres rappelaient ce passage du même évangile (xix, 29) : « Quiconque aura quitté à cause de mon nom ses frères, ou ses sœurs, ou son père, ou sa mère, ou sa femme, ou ses enfants, ou ses terres, ou ses maisous, recevra le centuple et héritera de la vie éternelle », et ils en concluaient que Garacciolo ayant quitté sa femme, avait droit d'en reprendre une.
L'aliaii e fut portée devant le consistoire ecclésiastique et devant les magistrats civils; le sénat genevois mit Vittoria en demeure de venir ou de donner ses raisons dans un délai de deux niois^ après quoi il accorda au marquis une sentence qui le libérait de son premier mariage et « le mettait en possession d'en contracter légitimement un nouveau ^ ».
Il s'agissait en fait pour Garacciolo d'épouser une veuve d'une quarantaine d'années-^ Anna Framery, venue tout récemment de Rouen à Genève par suite de ses opinions religieuses. Le mariage se fit en janvier 1560 et « ils vécurent en union de volonté comme de religion «.Ils vécurent d'ailleurs pauvrement, car Galeazzo avait renoncé à ses biens comme à ses titres. Gependant les personnages de marque qui passaient par Genève tenaient à honneur d'aller chez lui ; c'est ainsi qu'il reçut la visite