Garacciolo avait quarante-trois ans
GARACCIOLO.
d'Ottavio Farnèse, d'Alfonso d'Esté, fils de Renée de Ferrare, et du prince de Salerne.
Calvin mort (156/*), il y eut quelques difficultés entre Garacciolo et le consistoire qui redoutait sa trop grande influence, mais il ne quitta point Genève; les siens cependant n'avaient pas renoncé à le détacher de sa foi ; un théatin lui fut envoyé qui lui offrit de l'argent, la réhabilitation, la sécurité ; il lui annonça que son fils était entré dans les ordres et recevrait sans doute avant peu d'amples bénéfices si l'attitude de son père n'y mettait obstacle. Mais cette tentative ne réussit pas mieux que les autres. Le consistoire finit par expulser le moine. Longtemps après, on envoya à Garacciolo un fameux prédicateur, mais, quand il parvint à Genève, Carracciolo était mort (7 mai 1386), à l'âge de soixante-neuf ans.
En 1566, un de ses fils, Nicolao Antonio, marquis de Vico, fut poursuivi pour diverses peccadilles sentant l'hérésie ; il avait accepté de recevoir des lettres de son père et même récompensé les personnes qui les avaient apportées, au lieu de les faire arrêter; il avait dit que, s'il en possédait les moyens, « il aurait agi comme le doit un fils à regard de son père, en lui faisant tenir quelque somme » ; d'autre part, il avait secouru et caché chez lui des hérétiques et entre autres, malgré les avis de sa mère et de tous les siens, un certain Giovanni Verdoni qui n'observait aucunement les jeûnes et abstinences; bien plus, il avait fait disparaître des pièces compromettantes pour lui et
COMMENT SE RÉPANDIT LA RÉFORME
trouvé des témoins en sa faveur; en conséquence, il fut condamné à une amende de 500 ducats en faveur de l'hôpital S. Giovanni de Naples, « afin, dit l'acte, qu'il apprenne à vivre désormais avec moins de témérité et de malignité. » Il dut, pour s'acquitter de cette amende de 500 ducats, en verser 948 plus 6 giuli, à cause des droits ^ (20 mars 1566)!
Flaminio.
Parmi ces ardents prédicateurs et ces théologiens avisés, se rencontra un poète, délicat et instruit, Marco Antonio Flaminio^; il fut lié d'amitié avec les plus déterminés hérésiarques et on le tient pour hérétique '\ mais, s'il partagea leurs pensées, ce fut le plus ingénument du monde; plus que pour aucun autre, on peut dire de lui qu'il était un hérétique sans le savoir.
Son père, Giannantonio, s'était fait un nom dans les Lettres; à vingt et un ans, en 1485, il enseignait la littérature à Serravalle. dans la province de Trévise; c'est là que naquit Marcantonio, en 1498; quand il avait seize ans, son père le chargea de porter au pape Léon X qui venait d'être élu, un