‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 133 sur 470 · Orationes ad Senatumpopulumque Lucensem, Lucques · texte numérisé non relu

Orationes ad Senatumpopulumque Lucensem, Lucques

2. Àonii Palearii Verulani actio. Comme on l'accusait d'être un novateur, il se défendait assez adroitement en disant que, tout

PALEARIO.

Paleario professa plusieurs années à Lucques, il entretenait une active correspondance avec des hérétiques notoires : Curione, Lampridio, Mellino, Alciat, comme naguère avec Sadoleto et Bembo, qui eux n'avaient eu que quelque pente à la critique. En 1555, il se rendit à Milan où il fit un cours d'éloquence ; il y demeura dix ans. Malgré ses opinions qu'il ne dissimulait plus guère et la hardiesse de ses écrits, les procédures engagées naguère contre lui demeuraient suspendues 1. Mais l'heure des grandes épreuves allait arriver. La réaction religieuse avait commencé. La terreur régnait alors partout en Italie parmi les protestants, « Les gens paisibles, écrit Paleario, qui vaquaient à leurs occupations habituelles, étaient soudain saisis, envoyés à Rome, jugés, livrés au bras séculier. Le joug qui pesait sur chacun était si lourd que beaucoup trouvaient la vie à charge. » Paleario prit la précaution d'envoyer en lieu sûr, à Bàle, le manuscrit de son dernier ouvrage. Pour lui, il quitta Milan et se retira à Faenza, car par une de ces anomalies dont l'histoire du protestantisme en Italie fournit tant d'exemples, cette ville qui était précisément terre d'Église, s'offrait à lui ser\ir d'asile ; il est vrai que la population y était très encline aux idées nouvelles. Cependant les griefs de l'Inquisition contre Paleario deve-

au contraire, il n'y avait rien de si antique que la vérité. Opéra,

éd. 1728, p. 336.

1 Le 23 février 1560 le procès que Tlnquisition de Milan avait commencé fut abandonné. B. Fontana, Archiv. Soc. Rom. Stor. Patria, vol. XIX, an. 1896, p. 171 et suiv.

COMMENT SE RÉPANDIT LA RÉFORME

naient plus précis et plus nombreux; un troisième procès fut entrepris et il eut à subir plusieurs interrogatoires ^ On lui reprochait même des paroles prononcées trente-cinq ans auparavant; le 9 août 1567, le pape, saint Pie V, écrivait au P. Angelo de Crémone, chef de l'Inquisition en Lombardie , de surveiller Paleario et de renvoyer, si possible, à Rome pour y être interrogé; la date de cet interrogatoire était fixée au 20 août et Paleario serait tenu de déposer caution s'il voulait rester libre. Une correspondance s'engagea entre le P. Angelo et Paleario; il arguait que sa santé ne lui permettait pas le voyage, qu'il lui fallait l'agrément du sénat milanais pour s'éloigner et, qu'en outre, il ne se trouvait pas en position de payer ses' dettes avant de partir. L affaire traina. Le 27 mars 1568, le cardinal de Pise demandait des instructions à l'empereur de qui dépendait le Milanais; on ne sait quelle réponse fit Maximilien II; toujours est-il qu'après tant de tergiversations, le Saint-Siège se décida à agir. Paleario fut arrêté et envoyé à Rome. Il ne douta pas qu'on le menait à la mort : « Fatis ad majora vocantibus ». En d'autres temps, il avait écrit : « Nous ne sommes pas à une époque où un chrétien peut mourir dans son lit ; ce n'est pas assez d'être accusé, traîné en prison, battu de verges, il faut nous laisser brûler sur un bûcher si notre martyre peut faire éclater la vérité. »

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