On possède sa correspondance pour les années 1535 à
COMMENT SE RÉPANDIT LA RÉFORME
les artistes célébraient sa beauté, lui disait-il, elle recherchait, sans la pouvoir trouver, la paix du cœur ; or elle ne réussirait à en jouir qu'en se conformant aux paroles de Tapôtre saint Jean dans l'épltre aux Colossiens, c'est-à-dire en se détournant des choses terrestres et en ne s'occupant que des choses célestes. « L'amour fait disparaître la peur; la foi est l'arbre, l'amour en est le fruit; la foi ne consiste pas en émotions passagères, mais dans un sacrifice constant et entier. La perfection chrétienne ne s'obtient pas seulement en accomplissant des actes conformes en tout à la loi, mais par la force avec lacjuelle on cherche et on conserve le commerce avec Dieu. » S'adressant à une princesse adulée, fort avant dans le siècle, attachée encore au Saint-Siège, Valdès n'allait pas dans son ABC aussi loin que dans ses autres œuvres théologiques; ainsi il expliquait à Giulia qu'il était loisible de se rendre à la messe pourvu que ce ne fût pas au détriment de ses pratiques charitables, d'assister aux sermons où l'on prêchait le Christ, mais non à ceux où l'on se perdait en subtilités et où l'on racontait des fables; il lui recommandait la lecture de TÉvangile, des Colacions de Cassien ^ des Saints Pères, de la Descendance du Christ^ et lui rappelait qu'il faut agir non en vue d'une récompense, mais pour l'amour de Dieu. Giulia était par avance acquise à ces doctrines. L'ascétisme monacal ne