Erminda ToRDi, Agnesinadi Montefeltro, Florence
VITTORIA COLONNA
strophes sont empreintes d'un catholicisme profond et des plus orthodoxes ^ Mais son intelligence qu'elle avait des plus vives, la portait à examiner par elle-même les enseignements de l'Église. Le cardinal Pôle lui disait en vain qu'il ne convient pas de chercher à pénétrer les mystères de la religion et que son devoir était « de se renfermer dans les limites qui s'imposaient à son sexe^ ». Vittoria se prit à scruter ses sentiments et à interroger des théologiens. Elle se rapprocha de ceux qui, comme elle, cherchaient à éclairer leur conscience et à sauver l'Église en l'épurant. Il ne lui échappait pas que le désarroi dans lequel elle était tombée en compromettait l'avenir. Dans un de ses sonnets, elle dit :
Je vois d'algues et de fange ta barque si chargée,
Pierre, que si quelque vague
Du dehors l'assaille et l'entoure,
Elle pourrait chavirer et courir grand risque ^.
Pour sauver le Saint-Siège qu'elle tenait en grande vénération, elle voulait à tout prix remédier aux abus et c'est pourquoi elle unit ses efforts avec ceux des novateurs. Ses amis, Ochino, Priuli, Flaminio, Vermiglio, les cardinaux Morone et Pôle, étaient parmi les plus ardents adeptes de la Réforme.
1. Bartolomeo FoNTANA, Nuovi documenti sulla Fede di Vittoria Colonna, Rome, 1888. Article jparu dans le Bulletin de la R, Soc. di Sloria Patria,