‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 16 sur 470 · Livre m, 9. ^ ,. .. n · texte numérisé non relu

Livre m, 9. ^ ,. .. n

9 DELL4 Valle, Lettere Sanesi, 111, 18. On lisait au Capitole sur une citerne de création moderne l^nscription suivante que rapporte FoRCELLA, Iscr., vol. I, p. 32, n. 38.

Nos vas condidimus, pluvia tu Jupiter, impie, Praesidibus tux Rupis adesse velis.

3 II raille finement ces manies dans son dialogue Ciceronianus. 4. Sanuto, Diari, vol. XXXUI, œl 402.

L'HUMANISME

temps des papes rigoristes, pour des ennemis de la foi. Cependant il est bien évident que, devenus presque païens sous des noms payens, les personnages de l'Écriture et les choses de la foi ne pouvaient manquer d'être attaqués avec moins de scrupule et raillés avec plus d'audace que lorsqu'ils étaient revêtus de noms vénérables ^ .

C'est ainsi que Vergerio s'excuse d'avoir dit que des images de piété étaient des idoles, en alléguant qu'il n'y avait dans cette expression qu'une tournure littéraire.

L'humanisme porta en outre les Italiens à considérer avec un certain dédain la latinité, à la vérité médiocre, des écrits saints et leur crédit ne pouvait que s'en trouver diminué. Le cardinal Bembo engageait, raconte-t-on, Sadoleto à ne pas lire les épitres de saint Paul, de crainte que leur style ne lui corrompit le goût-.

Ce qui est infiniment plus grave, on s'habituait à avoir recours en métaphysique comme en morale aux écrits des philosophes anciens de préférence aux auteurs sacrés. Érasme raconte qu'un savant prêtre italien, dissertant avec lui sur l'immortalité de l'âme, s'appuya uniquement sur l'autorité de Pline l'ancien^. Dans son oraison funèbre de

1 Grecorovils, Geschichte der Stadt Rone, liv. XIV, chap. iv.

2* Bayle, Dict., éd. 1820, vol. III, p. 301. D'après Vittorio Sln- "elio (1524-1569), théologien protestant, Commentario dei Salmi, psaume IV, Bembo, étant allé voir Sadoleto et layant trouve occupé à lire l'épîlre de saint Paul aux Romains, lui aurait dit : « Omitte has nugas, non décent gravent virum taies meptix. »

3. J. DK BtRir.Nv, Vie d'Vrasme, Paris, 1757, vol. I. p. 147.

Francesco Sforza, Filelfo cite les Grecs, les Latins, même les Arabes et presque pas les Pères de l'Église. Pétrarque fonde ses espérances d'outretombe sur le Songe de Scipion et sur le Phédon de Platon, sur le témoignage de Caton et sur celui de Pythagore, et il se borne à ajouter : « Pourquoi n accepterais-je pas comme catholique une conviction que me donnent les païens^?. Marcile Ficin, s'efforçant do consoler une femme d'un deuil, lui tient un langage uniquement emprunté aux doctrines de Platon. Bien plus, du haut de la chaire, il recommandait aux fidèles la lecture de ses

œuvres 2.

Les souvenirs païens l'emportaient sur les convictions chrétiennes sans les effacer cependant.

Le dernier entretien que Pietro Paolo Boscoli eut avec Luca délia Robbia après qu'il eut tenté d'assassiner Julien de Mcdicis en mars 1513, en est une preuve 3.

Il avoue ignorer les éléments de la religion, se rappeler à peine le Pater et VAve et avoir accompli son régicide presque uniquement sous l'inspiration des exemples anciens, il n'en regrettait pas moins avec amertume de n'avoir plus assez de temps pour faire sa paix avec le Ciel, se désolait « qu'ayant mangé trop de choses salées, il ne

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