‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 188 sur 470 · Ehses, vol. V, p. 262 et suiv. Pallavicini, p · texte numérisé non relu

Ehses, vol. V, p. 262 et suiv. Pallavicini, p

PROGRÈS et EXTINCTION DE LÀ RÉFORME.

intervention du Christ. Puis il définit la foi car si la Justification s'obtient par la foi, il fallait savoir ce qu'est la foi et cette discussion devint presque une controverse de linguistique car Salmeron étudie le sens du mot dans la langue hébraïque et en grec; il réfute lopinion de Calvin que la foi ne va pas sans la charité; étudie les conditions que doit remplir le pêcheur justifié; il lui faut l'espérance, la crainte, la contrition et les sacrements; il examine les différentes sortes d'oeuvres en invoquant surtout saint Paul comme il convenait. A la question : « Qu'est-ce qui précède la Justification? Il répond ; la foi et la pénitence. — Qu'est-ce qui l'accompagne? — L'infusion des dons c'est-àdire la foi, l'espérance et la charité. — Qu'est-ce qui la suit? — La paix. »

L'exposé des opinions se poursuivit les jours suivants; de nombreuses définitions de la Justification furent proposées :

Révélation du divin conseil. — Droiture restituée. — La rémission des péchés et l'acquisition de la grâce. — Amélioration du sujet... Un Espagnol déclara que la Justification était le changement de péché en grâce par l'intervention du Saint-Esprit dont il n'avait jamais été question jusqu'alors.

Un théologien s^efforça de résumer les débats et il les compliqua singulièrement en proposant des « doutes » ; par exemple comment pouvonsnous mériter une augmentation de la grâce si, du consentement de tous, nous ne pouvons mériter

DÉBATS SUR h^ JUSTIFICATION. fif

la grâce elle-même? Pourquoi saint Paul a-t-il attribué plus d'imporUnce dans l'acquisition de la grâce à la foi qu'à l'espérance, à la charité et à la pénitence?

Les séances de la commission se prolongèrent jusqu'au 30 juin où eut lieu une « congrégation » générale du concile qui prit connaissance des solutions proposées et renvoya la discussion au 6 juillet; à cette séance et aux suivantes chaque assistant lut son avis. Dans l'opinion générale, les œuvres et les sacrements étaient indispensables pour l'obtention de la Justification ainsi que la volonté libre du pêcheur, la foi seule étant insuffisante. Cependant on continua à proposer des définitions de la Justification et les nuances devinrent infinies.

Nul ne contestait que la foi j ustifie, mais on n'était toujours pas d'accord sur la nature de la foi en ellemême. On soutenait qu'il fallait la définir ; m La confiance aux promesses de Dieu, — une ferme créance en tout ce que Dieu a révélé, — la conscience... » Seule la définition de Luther que <i la foi justifiante est une confiance et une créance qu'a le chrétien que seb péchés lui seront pardonnes en vertu des mérites du Christ » fut unanimement rejetée.

L'archevêque de Sienne, Francesco Bandini, soutint qu'il convenait d'attribuer la Justification uniquement à Dieu et aucunement à l'homme. L'évêque de Cava, S. Felice, qui fut plus tard véhémentement suspecté d'hérésie, affirma que la

foi est tout; l'évêque de Mylopotamos, Zannettini, le traita d'ignorant et d'elFronté et il s'ensuivit un pugilat au cours duquel S. Felice arracha une partie de la barbe de son interlocuteur, ce dont il dut aller s'excuser à Rome K Saraceni, en proposant un moyen terme, sembla devoir rallier tous les suffrages comme il arrive toujours quand la longueur d'une discussion a suffisamment fatigué l'attention des interlocuteurs et embrouillé une affaire; d'après lui les œuvres qui profitent à la Justification et au salut, dépendant de la grâce et en même temps sont nôtres. Mais d'autres opinions se produisirent et la discussion reprit de plus belle; le 6 juillet, l'évêque de Sinigaglia exposa que, ce qui appartient à l'homme, c'est de ne pas mettre obstacle et de ne pas résister à l'aide divine. On s'échauffa sur l'hypothèse suivante : « Si quelqu'un se présente devant le tribunal de Dieu avec la Justification infuse et les mérites acquis en vertu de cette Justification, a-t-il un titre suffisant au salut éternel ou lui faut-il de surcroît l'imputation de la Justification du Christ^? » Le général des servites soutint, dans la séance du 16 juillet (1546) que la « Justice » de Dieu ne peut avoir besoin de l'aide des hommes ; il faut donc que l'homme soit justifié intérieurement pour qu'il puisse agir justement, laquelle justification se fait par la foi. La Justification est la rémission des péchés avec l'acquisition de la double justice, a Que fait Dieu dans la Justification? Il

1. Ehses, vol. V, p. 357. Zannettini dit le grec. Voir p. 336.

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