Ou PereUo, à cause de sa petile&se
2. Le traité où Pomponazzi expose ses idées fut condamné par l'Eglise à Venise; U e* appela à Rome où, grâce A l'intervention de Bembo, il fut décidé que le procès n'aurait pas de suite.
Ermolao Barbaro se rattache à 1 école de Pomponazzi. Il professait à Padoue et à Venise.
LE MOUVEMENT PHILOSOPHIQUE
SI
métempsychose et en déduit que la croyance en la résurrection est également inadmissible. Elle lui paraissait, au surplus, « une insulte à la dignité humaine ». L'espoir d'une récompense, écrit-il, et la crainte d'un châtiment sont les signes d^un esprit servile et une offense à la vertu. — Et encore : « Que l'âme soit mortelle ou immortelle et quoi qu'il puisse arriver après la mort, il faut mépriser celle-ci et persévérer dans le chemin du bien. » Au fond, Pomponazzi considère que la religion fait œuvre utile en donnant à croire aux âmes simples qu'elles seront punies ou récompensées selon leurs mérites, mais il lui répugne de voiries âmes élevées partager cette erreur. Il abandonne â la religion la direction de la vie pratique, réservant â la philosophie la connaissance des problèmes de la métaphysique. C'est pourquoi la religion lui semble indispensable à chacun, tandis que la philosophie n'est utile qu'au petit nombre. Il va même jusqu'à contester la valeur absolue des dogmes. « Les lois religieuses, dit-il, comme tout ce qui existe sur la terre, sont sujettes au changement et à la destruction. Souvent les effets de la foi ne semblent pas différer de ceux de l'imagination. » La religion ne doit pas entreprendre sur la science naturelle et il faut en récuser le témoignage quand elle affirme la vérité des miracles. <^ Il serait absurde de mépriser le visible et le naturel, écrit-il, pour recourir à un invisible dont la réalité ne nous est garantie par aucune démonstration sérieuse. »
Sur la question du libre arbitre, Pomponazzi se
prononce dans un sens contraire au dogme chrétien ; il déclare que, entant que philosophe, il lui parait que la liberté n'est pas plus démontrable que Fexislence de lame et, s'il l'admet comme chrétien, c'est que, dit-il, Platon range parmi les impies ceux qui n'acceptent pas ce que les dieux enseignent, même si la vraisemblance semble y contredire K Les partisans de Luther qui, avec d'autres arguments, apportaient en Italie la négation de la liberté, allaient donc trouver le terrain tout
préparé !
Alessandro Achillini, qui était averroïste, et le cardinal Gasparo Contarini prirent Pomponazzi à partie. Contarini^ rédigea trois traités sur l'immortalité de l'âme, le libre arbitrée! la prédestinalion. Nifo à son tour l'attaqua ainsi que le moine Augustin Ambrogio Fiandino (évêque en 1517) qui traita Pomponazzi de « vieillard délirant, d'homme maudit, de fléau et d'opprobre de sa patrie^ ». Pomponazzi réponditpar des pamphlets^. Sperone, qui était fort écouté, le soutint. Ainsi la dispute taisait bruit, sortait de Técole et le public s'en mêla avec passion et incompréhension.
Les querelles dogmatiques Tauraient laissé indifférent, mais il importait à chacun de savoir
1. Aussi ses ennemis disaient-ils qu'il fallait Texalter comme chrétien et le brûler comme philosophe.
2. TiHABOscni, vol. VII, p. 254. A.Franck, Philosophes et Moralistes, Paris, 1893.
3. Apologia adversus Contarenum, Bologne, 1517. — Defensoriicmsive Responxiones ad ea quse ISifus ad rersus ipsum scripsit, Bologne, 1519.
LE MOUVEMENT PmLOSOPHlQUE.
s'il avait une âme et si elle était immortelle, s'il était libre d'agir à sa guise ou esclave et point responsable. Dans les universités, quand un professeur s'apprêtait à traiter d'un autre sujet, ses élèves l'interrompaient en lui criant : « Parlez-nous de rame ». Le poète Pulci raille cette manie dans l'un de ses sonnets^ :
11 en est qui mènent grand bruit de l'âme
Et expliquent comment elle entre et comment elle sort
Du corps de même qu'un noyau dans une pêche;
Ils citent et Aristote et Platon
Et font une danse qui nous rompt le cerveau.
l 'ànie dit l'un, est comme un pignon dans du pain blanc;
Non dit l'autre, c'est une escarbille dans du pain frais.
Les traités sur le libre arbitre et l'immortalité de l'âme se multiplièrent, habituant les esprits à aborder librement ces questions 2.
Déjà, en 1468, lors du procès des académiciens romains, la discussion avait été très vive relativement à la nature de l'âme ; Filippo Callimaco (Buonaccorsi) avait attaqué violemment le dogme de l'immortalité. On s'enhardissait à d'extrêmes audaces.
Le savant botaniste Andréa Cesalpini, médecm de Clément VII, voyait dans l'univers un organisme vivant et dans l'âme un mode de la substance divine=^. — La doctrine d'une âme commune et