Évêque de Bergame de 1547 à 1558. Gams, p
avait reçu de ses administrés et, en 1552, il fut amené à Rome prisonnier et incarcéré au château Saint-Ange. Or, deux ans après, en 1554, Jules III le releva de « toute suspicion » et lui accorda son pardon afin que « l'église de Bergame retrouvât son époux ». Par prudence, car ses rétractations pouvaient bien n'être pas très profondes, on lui donna un vicaire sûr*.
Il y eut très peu d'exécutions. En 1552, Galeazzo da Trezzo de Milan, fut poursuivi parce qu'il se refusait à admettre l'existence du purgatoire, combattait l'efficacité de la confession et traitait d'idolâtrie le culte des saints. Il se serait rétracté si on ne lui avait imposé les plus dures pénitences, comme de réciter des psaumes devant le maître autel, de lire son abjuration en public à toutes les grandes fêtes, de se confesser une fois par mois.... Alors il fut déclaré relaps et livré au bras séculier; mais le juge demanda sa grâce ; en réponse l'Inquisition déclara tous ses biens confisqués. Lorsqu'on le fit venir devant le tribunal pour entendre sa condamnation, il s'écria qu'il ne lui avait jamais été permis de s'exprimer librement et de manifester SOS sentiments et, comme l'inquisiteur lui demandait s'il considérait qu'adorer l'hostie était une dévotion condamnable, il répondit qu'il le prou-
1. Article C. Corvisieri^ dans Archiv. Soc. Rom. Stor. Pat. 1881, vol. III, p. 289. Cantù, Eretici, vol. II, p. 423. D. Bernini, Stor. délie Eresie, vol. IV, p. 490. Archiv. Vat. Arm., 41, vol. LXX, n« 93, 94, 292...
PONTIFICAT DE JtJLËS IIÎ. gj
verait par les Saintes Écritures. Un groupe de gentilshommes et de bourgeois l'entouraient. Le gouverneur qui était présent, se borna à dire au moine inquisiteur de répéter sa question et Galeazzo fit la même réponse. Ramené dans la prison, il cherchait à convaincre ses geôliers et ceux qui Tallaient visiter. On ne put le sauver et il périt sur le bûcher.
^ Une querelle s'éleva entre la municipalité et rinquisition au sujet du payement des frais de l'exécution qui se montaient à onze écus. La municipalité voulait qu'ils fussent prélevés sur le produit de la confiscation des biens du coupable dont profitait l'Inquisition et celle-ci prétendait que la condamnation, étant le fait du bras séculier, la dépense en incombait à la ville ; il fallut pour mettre fin à ce différend, que le podestat payât les onze écus de ses propres deniers ^
Une autre exécution eut lieu à Rome peu après; le 4 septembre 1553, Giovanni Buzio de Montaicino^, de l'ordre des conventuels, qui avait comparu dans l'église S. Maria sopra Minerva avec onze autres hérétiques et s'était refusé à abjurer, fut conduit au Campo di Fiore qui allait être, avec le pont Saint-Ange, le lieu ordinaire des supplices de ce genre^. Il s'était distingué comme professeur de théologie à Paris, à Milan, à Bologne où il rencontra un farouche contradicteur, Cornelio, qui