C'est là que fut brûlé Girolamo Bruno le 17 février
t>ROGRÈS Et EXTINCTION DE LA REFORME.
se fit plus tard son délateur. Arrêté sous le pontificat de Paul III, il fut reconnu innocent et alla prêcher à Naples. On racontait qu'il avait dit à un de ses amis, Girolamo Ranchi, auquel il demandait s'il avait lu le livre de Bullinger intitulé : De Origine Erroris. « Si vous n'avez pas d'argent pour l'acheter, arrachez-vous Tœil droit pour en trouver et lisez-le de l'œil gauche. »
Un tisserand, Giovanni Teodori, qui avait nié le purgatoire et l'efficacité des indulgences, partagea son sort. Les autres s'étaient rétractés. Montalcino refusa jusqu'au bout de reconnaître rÊglise romaine, néanmoins il n'eut pas à monter sur le bûcher et fut pendu avant d'être brûlé ainsi que son compagnon^ De hautes interventions s'étaient manifestées en sa faveur mais ce fut en vain^.
De telles exécutions relevaient plutôt les courages qu'elles ne les intimidaient; à Venise on refusa longtemps d'accorder au Saint-Siège le supplice, du moins public, des impénitents parce qu'on redoutait l'effet que produisait sur la foule leur mépris de la mort.
En fait le mouvement réformiste prit sous le pontificat de Jules III une extension extraordi-
1 D Orano 'p. 1. Uistona de Montalcino,, s. 1., 1554, plaq. Luioi Carcereri, Riforma nel ducato di Vrbino, Vérone, 1911, p. 7. Buzio, d'après lui, aurait été poursuivi en 1547 pour s être introduit subrepticement dans un couvent.