L APOGEE DU MOUVEMENT PROTESTANT
à Milan où le clergé et la bourgeoisie prirent sa cause en main en sorte qu'on n'osa pas l'inquiétera On verra d'ailleurs plus loin combien les Milanais étaient peu disposés à laisser l'autorité inquisitoriale agir chez eux à sa guise. Le clergé séculier y était, au surplus, en guerre avec l'Inquisition à tel point que Jules III dut retirer la direction des procédures inquisitoriales aux dominicains pour les confier à un chanoine du chapitre de l'église de la Scala (1553)^
La tragédie du Libre Arbitre avait paru en 1546 eiYAnatomia délia Messa en 1552; la controverse religieuse s'éveillait; Muzio attaquait Ochino, Vegerio, Betti ; Catarino les réfutait point par point; les débats de ce genre étaient attentivement suivis par tous ceux qui s'intéressaient aux choses de l'esprit et de la foi ; la preuve en est dans le nombre d'ouvrages polémiques publiés à cette époque. Flaminio venait de commencer la publication de ses paraphrases, Paleario donnait ses Orationes (1552), Valdès son Alfabeto (1546) et ses Considerazioni (1550), Ochino ses Sermones (1543) et son Epistola (1543), Vergerio ses multiples traités, Vermiglio sa Déclaration....
Tout contribuait à surexciter les passions. Il n'était bruit que des tourments de Spiera qui, depuis que l'Église l'avait obligé à rétracter ses erreurs, était tenaillé par la terreur de la damna-