‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 256 sur 470 · ACADEMIE DES NUITS VATICANES · texte numérisé non relu

ACADEMIE DES NUITS VATICANES

Italie un écusson ; ce ne fut pas sans difficulté que les académiciens en adoptèrent un qui les satisfit; enfin Amalteo leur composa celui-ci ; la lune dans le signe de la balance; voici pourquoi : l'académie se réunissait la nuit, les fonctions présidentielles se renouvelaient tous les mois; en outre Rome avait balancé la puissance de Dieu, l'un ayant en partage le ciel et l'autre la terre : « Divisum imperium cum Jove, Caesar, habe » avait-on dit d'Auguste. Aussi l'écu de l'académie portait-il en légende : œquata potestas.

Les controverses littéraires, philosophiques ou morales, si attrayantes qu'elles fussent, finirent par lasser les académiciens; ils songèrent donc bientôt à donner la comédie ; le comte de Landriano écrivit à leur intention la /^orce d'amour et Amalteo une tragédie et une comédie dont le texte a été conservé ; il montre, de même que celui des harangues et des compliments, que les académiciens se réjouissaient à bon compte. Une autre fois, Borromée réunit ses confrères dans un banquet qui eut lieu chez lui ; chacun dut exposer, en une formule de trois mots, ce qui lui paraissait l'idéal de la vie; Paolo Sfondrato proposa la devise : in prosperis moderationem ; Gonzaga : reportare victoriam; Borromée : nosce te ipsum. Sperone Speroni, connu pour ses dialogues d'amour et d'autres ouvrages en l'honneur des femmes, fit l'éloge de la charité, non sans avoir tout d'abord tourné en ridicule les maximes des autres convives et termina en conseillant : viventem mori. On s©

progrès' et extinction de la réforme.

sépara en protestant que la meilleure règle de vie était peut-être après tout, d'avoir de doux amis et de nombreux banquets : amicorum suavitas et

crebra convivia.

Il en alla ainsi pendant plus d'une année; vers le mois de mai 1563, un des membres proposa qu on mît sur le tapis dans les discussions des questions théologiques et religieuses; dès ce moment l'académie changea de caractère. Cette transformation concordait d'ailleurs parfaitement avec la conversion qui venait de s'opérer chez le créateur des nuits vaticanes ; le cardinal Borromée se retirait du monde, renonçait au luxe et se jetait dans les pratiques religieuses. Les études théologiques étaient en grand discrédit, l'académie entreprit de les vivifier ; l'éloquence sacrée restait une phraséologie ampoulée, les académiciens se proposèrent d'amener par leur exemple les prédicateurs à changer de ton. Les séances furent désormais occupées par des discussions sur les Béatitudes, les sept péchés capitaux, le discours sur la montagne; saint Charles parla de la luxure, Amalteo de l'avarice, Antoniano de la gourmandise ; puis, élargissant le cercle de leurs études, les académiciens traitèrent des méditations de saint Augustin, de l'Évangile, de l'ascension. On discuta les questions théologiques qui partageaient alors les esprits, la réforme de l'Église, les dogmes.... Le 14 septembre 1565, Borromée lut un discours sur la charité qu' Amalteo avait rédigé en latin à son intention; ce fut le dernier acte

LES VAUDOIS DU ROYAUME DE NAPLES

de l'académie; son fondateur quitta Rome tout aussitôt et elle ne se réunit plus.

Ses membres dont une bonne part étaient ou devinrent cardinaux, qui tous occupaient une haute situation, durent répandre au dehors les idées qui, vers la fin, avaient prédominé dans l'Académie et son action servit ainsi efficacement la contre-réforme qui commençait à prendre définitivement alors le dessus.

l'extermination DES VAUDOIS DU ROYAUME

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