BuRCKiiARDT, La Civilisation^ VP partie
LA FOI
tre des hommes professant d'autres religions qu'eux et aussi convaincus qu'ils Tétaient eux-mêmes de rexcellence de leur foi. Pulci fait dire à l'un des personnages du Morgante que toutes les religions se valent et que les mahométans auraient accompli, si l'occasion leur en avait été donnée, les mêmes choses que les chrétiens ^ Pomponazzi remarque que si les trois grandes religions qui partagent Thumanité ne sont pas fausses toutes les trois, il y en a au moins deux qui le sont, en sorte que, ou hien la totalité ou la majorité des hommes sont indubitablement dans l'erreur^.
D'aucuns allaient même beaucoup plus loin. Pulci dit au xviii*= chant du Morgante : « Je ne crois pas plus au noir qu'au bleu. ~ Mais je crois à la cervoise et, quand j'en ai, au moût. —Sur toute chose, j'ai confiance au bon vin. Et je suis persuadé que celui qui y croit est sauvé. » Le géant Margutti dit, dans le même chant, qu'il se rit de toutes les religions et n'entend avoir d'autre but dans l'existence que de vivre en joie, ni d'autre devoir que de se montrer loyal. Tel était au fond la règle de conduite que se proposaient un grand nombre d'Italiens.