Battistella, Processi (VEresia... in Bologna, p
3. On lui lut sa sentence au cimetière après quoi il fut livré au bras séculier.
LA REFORMATION A BOLOGNE
eut à Bologne peu de femmes hérétiques alors qu'ailleurs elles se montrèrent si ardentes à propager les idées nouvelles.
Ce fut à cette époque, vers 1550, devant l'extension constante du protestantisme, qu'un tribunal d'inquisition fut établi ; tandis qu'auparavant les juges inquisitoriaux de Bologne étendaient leur compétence sur tout le nord de l'Italie, l'inquisiteur qu'envoya la cour de Rome, fra Leandro Alberti, s'intitula simplement « inquisiteur de Bologne » et réserva pour cette ville toute son activité qui fut grande; l'autorité des juges laïques fut diminuée au profit de l'Inquisition; elle n'avait eu auparavant connaissance que des cas d'hérésie; on lui attribua les affaires de magie, de divination, de sortilège, de fausses doctrines. Le tribunal inquisitorial était composé d'un inquisiteur général, d'un vicaire, d'un promoteur ou procureur fiscal, d'un défenseur pour les accusés, d'un notaire et d'un chancelier. Les consulteurs étaient au nombre de douze choisis parmi les théologiens, les canonistes et les docteurs en droit. Les membres de ce tribunal ne recevaient aucun salaire, mais avaient une part dans les amendes imposées, parfois même le Saint-Office de Rome leur envoyait une somme prélevée sur les amendes qu'il infligeait; en 1558, le Saint- Office bolonais reçut ainsi 1 000 ducats. Certaines allocations sur des pensions ecclésiastiques et des franchises de taxe augmentaient ces avantages. Les inquisiteurs bolonais étaient toujours des
dominicains; ils siégeaient dans le couvent de cet ordre ; une salle était affectée aux audiences ; une autre, située à l'étage supérieur, aux tortures; une troisième, aux interrogatoires. Un oratoire, qui donnait sur la place publique, servait aux cérémonies et aux dénonciations anonymes. Les prisons étaient insuffisantes et mal sûres comme dans tant d'autres villes d'Italie ^ C'est ce qui explique la multiplicité des évasions.
Le Saint-Office romain surveillait de très près le tribunal de Bologne; le 21 novembre 1572, le cardinal de Pise lui demande de préciser combien de temps avait duré la torture d'un accusé; le 17 février 1574, il se plaint qu'un dossier soit incomplet; le 2 juillet 1588, il taxe le tribunal de négligence pour ne pas lui avoir transmis les noms des témoins dans une affaire importante et le texte des interrogatoires faits pendant la torture.
Sous l'impulsion de l'Inquisition la recherche et la destruction des ouvrages hérétiques devint intense. En 1558, défense fut faite d'introduire par terre ou par eau des livres défendus sous peine d'une amende de 1 000 ducats applicable au Saint-Office, de la confiscation des livres et d'autres peines ; Pie IV retira toute licence d'imprimer, lire ou conserver des livres hérétiques, mais cette prescription dut être sans cesse renou-
1. Par exemple, fra Girolanio, ayant prêché à Chioggia, fut arrêté et conduit à Bologne; il y fut interrogé et demanda la nuit pour préparer sa réponse; quand on vint le chercher le lendemain matin, il avait « rompu sa porte ». Lettre à Gervini, 3 avril 1549. Buschbell, p. 470.
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velée; elle le fut sept fois entre les années 1572 et 1581. Les œuvres du moine Folengo furent interdites nominativement en 1573.
Il fut brûlé presque autant d'hérétiques à Bologne qu'à Rome. L'année 1567 fut terrible pour eux. Le 27 mars, Bernardino Rosola, déjà châtié par l'Inquisition, fut livré comme relaps au bras séculier; deux peintres eurent le même sort; le 9 août, une femme allemande et un Mantouan furent également suppliciés ^ Un certain nombre de fugitifs furent brûlés en effigie. L'année suivante un parent du duc de Mantoue, docteur et gentilhomme, fut brûlé vif parce qu'il avait déclaré qu'un noble ne pouvait être pendu; des moines travaillaient depuis longtemps à le faire abjurer, mais en vain. Un autre hérétique, docteur également, fut brûlé vif ce même jour; un Ferrarais fut pendu, puis brûlé. En 1570, deux condamnés périrent par le feu ; un franciscain Bartolo délia Pergola fut également condamné. Deux savants fameux furent poursuivis. Le 8 février 1571, le Saint-Office mandait à l'inquisiteur de Bologne d'obliger le philosophe Giovanni Cardano à abjurer de vehementi; ordre était également donné d'interdire la lecture de ses ouvrages, notamment du traité De Rerum Varietate, publié à Baie en 1557. Il y avait pourtant longtemps que Cardano professait sans empêchement la médecine à Bologne ; il y avait été appelé en 1562 et