‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 303 sur 470 · De Porta, tiist. Refomi. Ecoles.,,^ vol. II, p · texte numérisé non relu

De Porta, tiist. Refomi. Ecoles.,,^ vol. II, p

ron venait précisément de le confirmer dans sa

charge.

L'accusation portée contre lui ne reposait pas apparemment sur des bases bien solides car elle fut abandonnée et Cardano mourut à Rome, en 1576, pensionné par le pape.

La même année en mars, le célèbre naturaliste et botaniste qui fut aussi un antiquaire de mérite, Ulisse Aldroandi ou Aldrovandi, eut affaire avec le tribunal de l'Inquisition. En 1550, il avait déjà été arrêté avec quelques autres suspects et envoyé à Rome ^ ; peut-être fût-ce à cause de son intimité avec le prieur du monastère de S. Salvatore « qui pensait mal en matière de foi ». Mais il avait été acquitté. Cette fois, il ne paraît pas que l'imputation ait été plus sérieuse.

En 1583, le 2 avril, fut pendu et brûlé un maître d'école qui, « depuis quarante ans, vivait dans l'énorme péché d'hérésie », ce qui prouve que la recherche des coupables n'était pas toujours très exacte.

En 1588, un procès fut engagé contre un certain Cornelio Tasso; plus de vingt témoins comparurent; enfin, après bien des longueurs, le tribunal décida, le 22 juillet 1589, <l qu'il enten-

1. Sa pauvreté avait fait hésiter l'inquisiteur; le transport des prisonniers revenait à un prix élevé que l'Inquisition avait coutume de leur faire rembourser. Mais dans le cas d'Aldroandi, la chose était impossible; sa mère recevait l'allocation des veuves besogneuses. Puis l'inquisiteur s'étonnait qu'on lui demandât de faire abjurer d'abord Aldroandi avant de l'envoyer à Rome. Le voyage lui paraissait dès lors sans objet. BUSCHBELL, p. 312.

LA REFORMATION A POLOGNE

drait l'accusé et le condamnerait le cas échéant à la prison perpétuelle et à l'exposition sur le pilori dans un lieu public, la langue serrée entre deux baguettes de bois. Toutefois, l'année suivante, sa femme et ses parents ayant fait valoir qu'il était vieux et malade, obtinrent du Saint-Office de Rome qu'il fût transféré dans une prison relevant de l'archevêché et qu'on lui accordât un domestique pour le servir. Le 28 juillet, il dictait son testament. Un moine fut condamné cette même année.

Le tribunal se montrait d'une extrême rigueur contre ceux qui cachaient des coupables; en 1589, une condamnation à mort fut prononcée de ce chef; il y eut d'autres condamnations, mais moins sévères, les années suivantes.

En 1591, un prêtre, Cima da Carpegna et un hiéronymite, Francesco da Rimini, périssaient sur le bûcher.

En 1592, un contumace qui avait été brûlé en effigie, fut arrêté à Rome où il s'était impudemment rendu; envoyé à Bologne, il ne fut condamné qu'à cinq ans de galères. Il était cependant relaps ; le Saint-Office lui avait infligé quelques années auparavant trois années de prison dans sa propre maison et il avait dû abjurer publiquement.

Le 7juillet 1590, l'Inquisition avait reçu de Rome mission de faire d'exactes perquisitions afin de saisir les portraits du roi Henri IV, qui pourraient exister à Bologne, « car il est défendu, disait la missive, de posséder les images des souverains

LA RÉFORMATION A MILAN

condamnés pour crime de lèse-majesté divine, c'est-à-dire les hérétiques, les relaps et les impénitents ».

En 1591, un chanoine régulier est condamné à l'immuration dans le monastère de S. Salvatore, lequel, au reste, était de réputation assez douteuse en ce qui concernait l'orthodoxie. Ce chanoine avait déjà été poursuivi trente ans auparavant avec un autre chanoine, Cieco da Cavallini, mais ils n'avaient pas tardé à être relâchés l'un et l'aut-re, parce que le prieur du couvent qui devait leur servir de prison s'était plaint que leur nourriture et celle de leurs serviteurs lui coûtaient trop cher.

Les opinions les plus fréquemment exprimées par les protestants holonais étaient que les messes pour les morts et les indulgences avaient été inventées par les prêtres et les moines pour en tirer bénéfice, que le purgatoire « était sottise de femmelette », que l'abstinence était une mystification puisqu'on pouvait se gorger aussi bien de poisson que de viande, que saint Pierre n'avait jamais été pape à Rome, que la confession auriculaire devrait être interdite....

Un petit centre de réfugiés bolonais s'était formé à Chiavenna.

LA RÉFORMATION A MILAN

Les conflits qui eurent lieu à Milan sous le pontificat de Pie IV et de Pie V entre les pouvoirs publics et l'Inquisition, mettent en évidence les

difficultés intérieures contre lesquelles l'Eglise avait à lutter et les empêchements qui entravaient parfois son action contre le luthéranisme.

Les juges inquisitoriaux qui à Milan dépendaient primitivement du Saint-Siège ainsi qu'il avait été établi au xiii* siècle, relevaient en même temps de l'autorité communale et il en fut de même quand, en 1542, ils devinrent les représentants et les instruments de la congrégation du Saint-Office ^ ; il leur fallait, avant leur entrée en fonctions, obtenir l'agrément du podestat et du gouverneur et cet agrément n'était accordé qu'aux candidats originaires de la province ; défense leur était faite de procéder à une arrestation sans en avoir obtenu l'autorisation de ces mêmes magistrats; en outre bien des cas dont l'Inquisition réclamait la connaissance étaient jugés par le Sénat. Les contestations étaient fréquentes et

âpres ^.

A vrai dire, il y avait, ce semble, tant à Milan que dans toute la région, moins d'animosité contre les novateurs que dans le centre de l'Italie, peut-

\. Dans les premiers temps, un même inquisiteur avait sous sa juridiction tout le pays de Bologne aux Alpes mais, avec les progrès de l'hérésie, le Saint-Office établit des inquisiteurs dans les principales villes.

A Milan, le tribunal siégea d'abord dans le monastère de S. Eustorgio; Paul IV l'établit plus au large dans celui Délie Grazie en 1559.

2. Michèle Ghislieri, alors (1553) commissaire général de l'Inquisition romaine dans le Milanais, écrivait au cardinal Cervini que l'hérésie envahissait le Milanais parce que le Sénat voulait connaître des affaires ecclésiastiques aussi bien que des affaires civiles. Buschbell, p. 32i.

If:

être à cause du voisinage des pays hérétiques et des relations continuelles des commerçants milanais avec les Ligues grises, Zurich et l'Allemagne ^ Même durant le gouvernement du duc d'Albe, les exécutions furent rares.

Aonio Paleario professa longtemps à l'Université bien que le Saint-Siège le réclamât avec instance et, traduit devant le tribunal inquisitorial local, il fut acquitté^.

Ce n'est pas que le pouvoir ecclésiastique restât

inactif.

En septembre 1535, plusieurs personnes dont un prêtre furent arrêtées comme suspectes d'hérésie. Au bout de peu de jours, ils recouvrèrent leur liberté, mais l'un d'eux mourut des suites de la torture qui lui avait été infligée; les autres durent prononcer une abjuration solennelle dans le dôme. Le prêtre et un autre furent condamnés à se tenir chaque dimanche à la porte principale du dôme de septembre à Noël, revêtus d'un sac de pénitent, une discipline à la main dont ils devaient se frapper tant que durerait la messe ^.

- 1. Ettore Verga, Il Municipio di Milano e VInquisizione di Spagna. L. Fumi, VInquisizione romana e lo Stato di Milano. Milan, 1910. Angiolo Salomoni, Memorie storico-diplomatiche degti ambasciatori... che la citta di Milano invià a diversi principi dal 1500 al 1796, Milan, 1806, p. 162. Marco Formentini, La Dominazione spagnnola in Lombardia. Milan, 1881. Cantu, Gli Eretici, vol. III, p. 41, et II Convento e la Chiesa délie Grazie e il S. Uffizio d&ns Archiv. Stor. Lombardo, vol. VII, p. 477 et suiv.

2. FoNTANA, Sommario del Processo di Aonio Paleario in causa d'Eresia, dans Archiv. délia R. Socielà Rom. di St. Patria, vol. XIX, 1896, p 166.

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