‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 32 sur 470 · Liv. Il, ch. II · texte numérisé non relu

Liv. Il, ch. II

LA FOL

reste des hommes songe plus, pour gagner le paradis, à supporter patiemment leur tyrannie qu'à s'en venger.

Toutefois des hommes d'État tels que Guicciardini ^ considéraient la religion comme une nécessité politique, mais peu leur importait qu'on s'attachât à pratiquer la religion dans son essence , pourvu que les apparences et le respect dont on l'entourait subsistassent. Machiavel pensait de même. « 11 est impossible, dit-il, que celui qui commande obtienne l'obéissance de gens qui mépriseraient Dieu » et il ajoute que dans les États bien ordonnés, les citoyens observent plus volontiers leurs serments que les lois parce qu'ils redoutent plus la puissance divine que celle des hommes 2. Néanmoins, il n'était pas hostile à une réforme; tout au contraire, il pensait « que les corps composés tels que les républiques ou les religions » ont besoin de changements, de renouvellements constants « qui les ramènent à leur principe ». « Il existe, écrit-il encore, dans le principe des religions, des républiques et des monarchies, une certaine bonté au moyen de laquelle elles peuvent ressaisir leur premier éclat... Si saint François et saint Dominique n'avaient ramené notre religion à Tesprit de son institution, elle serait aujourd'hui entièrement éteinte... Leurs règles nouvelles ont conservé un tel crédit que la corruption des pré-

1 . Considerazioni sui Discorsi del Machiavelli. Opère inédite, Florence, 1857, chap. xi et suiv.

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