‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 345 sur 470 · Nunz. Firenze, vol. IV, c · texte numérisé non relu

Nunz. Firenze, vol. IV, c

Le 8 février 1576, le provincial des frères mineurs de l'Observance, fra Geremia d'Udine, écrivait au pape Grégoire XIII qu'il avait trouvé que les mœurs des moines étaient fort relâchés dans la province de Toscane et qu'il n'y avait dans tout le clergé régulier ni obéissance ni crainte des châtiments; et il lui signala qu'un moine avait conduit à Piombino une femme déguisée en homme, qu'un autre entrait dans un couvent au moyen d'une échelle de corde et avait rendu une nonne deux fois enceinte, qu'un autre encore avait fabriqué de la fausse monnaie ; qu'il y avait des moines voleurs, usuriers, blasphémateurs, incestueux et qu'aucun n'avait jamais été puni, qu'au contraire les évêques et les supérieurs les prenaient sous leur protection. L'un avait tenu pendant quelque temps une maison de jeu et puis était rentré dans son monastère. Geremia donnait les détails les plus précis au pape, lui indiquait le nom des coupables et le lieu où se trouvaient les dossiers des poursuites quand il y en avait eu. Et il ajoutait que, pour mettre fin à ces désordres, il faudrait user d'une extrême rigueur. Le Père général s'était même plaint que, devançant les ordres qu'il sollicitait, il avait commencé la répression et étrangement dépassé la mesure. Se montra-t-il par la suite d'une sévérité par trop exagérée, y eut-il conflit entre le Père général et lui, était-il de trop méchante humeur ou bien se laissa-t-il entraîner à son tour par les débordements dont il avait dû examiner tant de cas,

LA REFORMATION EN TOSCANE. — FLORENCE

toujours est-il que, cinq ans après, il fut arrêté et conduit « sous bonne garde x> à Rome sans que la raison de son arrestation soit donnée (2 décembre 1581) i.

Les nonnes florentines se conduisaient assez mal ; l'archevêque Altoviti l'avouait au cardinal de Côme dans une lettre en date du 16 mai 1573; il en donnait comme raison la mauvaise surveillance des moines qui avaient la direction de certains ordres et la pauvreté de la plupart des couvents. Les laïcs entraient dans la clôture comme bon leur semblait; en 1568 une enquête avait été faite ; les laïcs coupables d'avoir mésusé de cette tolérance avaient été punis par les tribunaux séculiers, les nonnes par les tribunaux ecclésiastiques ; deux religieuses qui s'étaient reconnues coupables avaient été condamnées à l'emprisonnement perpétuel avec privation du costume et du voile, une autre c< qui avait failli de bien près à son devoir » eut la même peine mais on lui permit de conserver son Toile. Toutefois cette prison perpétuelle ne dura que cinq ans car, en 1573, les coupables étaient graciées et reprenaient leur place dans leurs couvents.

L'observation rigoureuse de la clôture rendait à Florence comme à Milan la situation des nonnes très difficile car elles ne pouvaient plus recevoir la visite des personnes qui leur donnaient du travail ou leur faisaient des générosités et beaucoup ne savaient plus comment gagner honnête-

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