Le Rime, p
ATTAQUES CONTRE LE SAINT-SIÈGE
la terre pour que vous en soyez les anges, vous en êtes les démons. Ils jouent leurs âmes comme ils jouent les biens de TÉglise. Us s'approchent immondes du divin mystère ; ils font pire encore... ils surpassent le diable... La vigne du Seigneur est devenue un hallier d'épines. » Et encore : « Oh vain orgueil fondé sur l'amour-propre ! Les cornes de votre superbe ont percé l'œil de votre intelligence, la pupille de la sainte foi*... »
De semblables paroles se retrouvent souvent dans les œuvres de la sainte. On les crut inspirées de Dieu.
Ambrogio Traversari écrivait au pape Eugène IV, le 10 mars 1431, c'est-à-dire au lendemain de son élection (3 mars), que tout était à réformer dans l'Église car le clergé s'était singulièrement détourné de son ancienne honnêteté et sainteté pour s'adonner à la luxure et, avec plus de force que d'élégance latine, il lui affirmait que « tout le corps de la religion était malade a planta pedis usqiie ad verticem capitis » : de la plante des pieds au sommet de la tête. Des moines, il disait : « Bien peu persistent dans la règle ; ils se laissent entraîner dans la licence ; on voit le même relâchement dans leurs vêtements ; leurs tuniques sont ouvertes de tous côtés. Nul ne s'occupe des jeunes. Que dirai-je de leur chasteté? » (avril 1433)^.
1. Lettres de sainte Catherine, trad. E. Cartier, Paris, 1886, vol I, p. 190, 204, 215. CoMBA, Storia délia Riforma inllalia, Florence, 1881, p. 405.
2. Traversari, Epistolx et Orationes, Florence, 1759, vol. II, col. 2, 56, 73. 107, 139, 239, 467, 545, 557, 562, 664, 695, 776, 820,
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Il composa une relation de voyage^ où il est longuement question de la licence du clergé séculier et régulier^.
Le même langage se retrouve dans bien d'autres auteurs. « N'est-il pas évident à tous, écrivait Benedetto Accolti, (U15-U66) que la principale occupation des cardinaux, des évèques, bref de la Curie entière, est la luxure, l'acquisition des richesses, l'abus du pouvoir, la gourmandise. On trompe les chrétiens, on les entraîne dans des procès sans fin. Le jour ne me suffirait pas si je voulais raconter en détail les adultères, les compromissions, les trahisons, les querelles, les actes d'improbité des prêtres, des frères et des moines. Je me contenterai de dire que tous les grands crimes ont été commis ou par eux ou avec eux 3. » Pogge, qui mena une vive campagne contre les moines, va jusqu'à raconter que l'un d'eux prêchait nu pour attirer plus de femmes^.
Lorenzo Valla, non moins hostile àlapapauté^ conclut ainsi son traité fameux sur La Donation de Constantin :
(( Le pape a soif du bien des autres et dévore
845 888, 934. C'est vers ce temps (1402) que Nicolas de Clamanges, archidiacre de Bayeux, composait son fameux traité De Corrupto