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G. VoiGT, deuxième partir, chap. vi

4. Ce qui ne lempécha pas d'en solliciter et, qui plus est, d en obtenir des faveurs.

ATTAQUES CONTRE LE SAINT-SIÈGE

le sien ; il ne se contente pas de faire argent du domaine public, ce que n'avait osé ni un Verres, ni un Catilina, ni aucun autre concussionnaire ; il tire profit des choses d'Église et de l'espoir du salut, action que Simon lui-même aurait détesté. Et quand les gens de bien dénoncent ces abus, il ne les nie pas mais se vante hautement d'avoir le droit de reprendre de n'importe quelle façon à ceux qui le détiennent le patrimoine que Constantin a laissé à l'Église. Comme si, l'ayant recouvré, l'Église devait jouir d'une béatitude complète et ne pas être accablée plus encore des pires fléaux, de luxure et de dérèglements! Si toutefois elle peut être accablée plus qu'elle ne Test et s'il y a place pour de nouveaux forfaits... Le souverain pontife ne comprend pas, crime abominable, qu'en travaillant à dépouiller les séculiers de ce qui est à eux, il les pousse par un exemple funeste à s'emparer à leur tour, pressés par une nécessité souvent imaginaire, des biens des ecclésiastiques. Il n'y a plus de religion, plus de sainteté, plus de crainte de Dieu et, je frémis en le disant, les impies tirent du pape lui-même l'excuse de leurs forfaits ^ »

Massuccio, qui à vrai dire est très sévère à l'endroit des moines, écrit vers 1460 : « Us trompent, volent et paillardent et, quand ils sont k bout d'expédients, ils prennent des mines de saints et font

1. La Donation de Constantin, trad. Alcide Bonneau, Paris, 1879, p. 321. Cf. (i. Mancini, Vila di Lorenzo Valla, Florence,

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des miracles... Il n'y aurait pas de meilleur châtiment pour eux que si Dieu supprimait le purgatoire i. » C'est d'ailleurs ce que les protestants allaient tenter de faire.

La littérature italienne est pleine d'attaques dans le goût de celle-ci. Parmi le peuple, les extorsions des moines, leur ladrerie et la licence de leurs mœurs provoquaient des haines qui retombaient sur l'Église. Pontanus raconte les plaintes d'une sorcière de Ga(^.te dont les moines usurpaient les profits : « Depuis la mort de mon mari, je vis de mes incantations, disait-elle, et j'aurais la vie facile, car les femmes de Gaëte sont fort crédules, si les moines ne me faisaient une dure concurrence; ils expliquent les songes, se font donner de l'argent pour apaiser la colore des saints, promettent d'assurer des maris aux filles, révèlent aux femmes enceintes le sexe de leurs enfants, enseignent aux femmes stériles des pratiques pour devenir mères et y contribuent en allant voir la nuit, pendant que leurs maris sont à la pèche, celles auxquelles ils ont donné rendez-vous étant

à l'église \ »

Au temps de Sixte IV, en 1V82, le P. Paolo Toscanella prononça à la cour pontificale, mais en l'absence, d'ailleurs accidentelle, du pape, un sermon d'une violence inouïe contre les cardinaux,

1. Si davenlure, dit-il dans son Prologue, parmi mes lecteurs se trouvait quelque Inpocrito sectateur des religieux, de ceux dont je me propose, dans mes dix premières nouvelles, de conter la vie scélérate et les vices abominables... »

2. Pontanus, Dialoghi, Florence, 1520, col. 62. Cf. col. t7, 37.

ATTAQUES CONTRE LE SAINT-SIEGE

le haut clergé et le pape lui-même. L'assistance en fut profondément émue et beaucoup se réjouirent de lui entendre dire si fortement ce que chacun pensait ^

Un prêtre, membre de l'académie romaine, Pietro II Marso, tenait lemêmelangage en présence du pape Innocent VIII : « Honte à ceux qui, ayant fait profession de chasteté, s'abandonnent nuit et jour à la volupté comme des porcs dont le ventre est le dieu et dont des appétits sans frein sont la gloire-. »

Dans son Canzoniere, Antonio Tebaldeo, qui écrivait vers la fm du xv® siècle, disait :

Que fais-tu, Curie romaine, morte de vices, Auberge ou nid de mauvaises mœurs, Toi qui devrais être aux autres un guide ?

Tu ne penses qu'aux plumes chaudes,

Aux vains appareils, aux victuailles.

En loi il n'y a plus l'étincelle de l'antique lumière.

0 toi, Saint-Père, ceci te regarde.

Ne vois-tu pas le loup la gueule ouverte?

Au wV siècle, ce sont des ecclésiastiques parmi les moins suspects d'hostilité préconçue, qui s'emportent contre la Curie et la hiérarchie entière. Un carme, Battista Spagnuoli, dit Mantuanus (Mantovano) parce qu'il était originaire de Mantoiie,

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