J. SusTA, Das Concil von Trient, Vienne, 1904, p
LA RÉFORMATION EN PIÉMONT
gistes d*empêcher leurs hôtes de médire de la religion *.
A Mondovi, le cardinal inquisiteur Giov. Michèle Ghislieri (Pie V) voulait « procéder rigoureusement et introduire un tribunal inquisitorial », dit l'envoyé vénitien. Le duc jugea son zèle excessif et lui fit défense expresse de continuer à en user ae la sorte ; il lui recommandait en outre la prudence et la modération (1566 -).
Le cas du Génois d'Agostino Centurione montre de quelle façon bien des Italiens allèrent au protestantisme et s'en détachèrent^. Né en 1506, il avait beaucoup voyagé pour son négoce dans les pays où régnait l'hérésie; à Genève il avait assisté plusieurs fois à des cérémonies hérétiques, mais sans y prendre part effectivement; séduit par les idées et les doctrines des novateurs et surtout par leur littérature, il avait pour livres favoris le Nouveau Testament annoté par Calvin, une Confession huguenote, l'Harmonie des Évangiles, le Bâton de la Foi, tels sont du moins les titres énoncés par lui dans ses dépositions. A Lyon, il s'abstint de respecter le carême parce que personne, dit-il, ne le respectait plus, cependant il faisait maigre le vendredi; il ne disait plus Y Ave Maria et avait oublié les sept Psaumes de la