Nunz.'Savoja, vol. IV c
LA REFURMATION EN PIEMONT.
En 1576, le nonce eut à sévir contre des chartreux qui organisaient et exploitaient des miracles « feints et faux », dit-il. Ils avaient, d'après un rapport adressé à Rome\ transformé un lieii profane, une cellule c< dans laquelle s'étaient commis des actes délictueux », en une chapelle; un autel y fut dressé sur lequel on plaça une image de la Vierge, une image de saint' Christophore et une imasre du, diable ; devant était un escabeau sur lequel le novice à 'qui ^appartenait la cellule affirmait avoir vu la Vierge s'agenouiller; dès cierges nombreux étaient disposés alentoiir. Les moines n'entraient que pieds nus et chaque jour ils chantaient des messes en l'honneur de la Viery:é et organisaient des processions. Les objets auxquels la Vierge était censée avoir touché devenaient des reliques qui étaient présentées à l'adoration des fidèles; on leur permettait aussi de baiser les sandales du novice et ses pieds, mais l'accès de la chapelle leur était interdit. Le novice continuait d'ailleurs à avoir des visions; il se rendait dans un champ pour s'entretenir avec un « démon » et affirmait que des saints visitaient le monastère. On disait des messes sur son corps.... Le prieur fut impliqué dans l'affaire car c'était lui qui avait suggéré au novice toute sa conduite. Mais il s'échappa de sa prison et la procédure ne fut pas continuée.
« Les moines des abbayes de Suse et de Pignerol,
1. Nunz. Savoja, vol. V, c. 514 et suiv. Lettre du 9 août 1576.
470 PROGRÈS Et EXTINCTION DE LA RÉFORMÉ.
écrit le nonce à la date du 30 décembre 1580, sont de ceux dont on ne peut rien attendre de bon, ils ne se plient à aucune discipline et ne veulent point observer la règle; Texemple est néfaste. Mais que faire contre eux? Ils sont si proches des pays qui appartiennent aux hérétiques que, si Ton employait la violence, ils iraient tout aussitôt leur demander asile ^ »
Les nonnes ne demeuraient pas en reste. L'abbesse du monastère de S. Michèle à Ivrée; Francesca Bozzo, professait des idées si hérétiques qu'on l'enferma dans un autre monastère. Comme quelques hérétiques qui l'avaient fréquentée craignaient qu'elle ne révélât leur nom, quatre d'entre eux allèrent l'enlever « à la barbe des frères et our l'honneur de Dieu » et la conduisirent en lieu sûr, à Saluces. Là elle se maria; un groupe d'hérétiques se forma autour d'elle dans lequel le pape était traité d'antéchrist. Il semble que l'Inquisition réussit à se saisir d'eux -.
A Mondovi, le nonce s'épuisait à empêcher les nonnes de courir la ville sous le prétexte qu'elles n'avaient pas fait de vœux ; la persuasion de même que la menace de l'excommunication resta sans effet (30 juin 1574)3. Lorsqu'il visita, au mois de novembre de la même année, le couvent des cisterciennes de Pogliola près de Mondovi, il le trouva