Nunz. Savoja, vol. VI, c
Dans la ville d'Aoste, à roccasion de la vêture de quelques nonnes, une cinquantaine d'hommes pénétrèrent dans le couvent; la cérémonie achevée ils y demeurèrent pour y prendre part à un banquet que leur offrit la communauté, après quoi il y eut un bal auquel prirent part toutes les sœurs, anciennes et nouvelles. L'évêque commença une enquête qu'il abandonna (7 février 1577^).
Il est vrai que le nombre des couvents était excessif; certains d'entre eux ne comptaient que huit à dix sœurs qui, faute de revenus, menaient une existence misérable et se voyaient souvent forcées de violer leur clôture pour trouver de quoi vivre. En 1581, il fut proposé de fermer tous les couvents situés hors de l'enceinte des villes afin que la surveillance en fût plus facile et l'approvisionnement plus assuré. Mais les sœurs se refusaient souvent à quitter leurs vieilles habitations et il y avait aussi des droits acquis dont il fallait tenir compte^.
Les querelles entio les juges civiis^ei les juges ecclésiastiques étaient plus ardentes peut-être en Savoie que dans le reste de l'Italie parce que l'esprit d'indépendance y était grand et le pouvoir moins enclin à s'incliner devant l'autorité du Saint-Siège; le duc se plaignait au nonce que, lorsqu'il autorisait l'incarcération d'un hérétique,