Nunz. Savoja, vol. XII, c
LA REFORMATION EN PIEMONT
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les pièces de Taccusation n'étaient envoyées de Rome qu'après des mois de délai en sorte que l'inculpé demeurait en prison très longteriips sans qu'on sût même pourquoi ^ L'Inquisition avait fait exécuter de son chef près de Guneô, à Garessio, plusieurs sorcières sans observer les formes ordinaires de la justice et quelques suspects' étaient morts dans les tourments et avaient été enterrés hâtivement et en secret. L'affaire s'envenima; le fiscal et le notaire de l'Inquisition furent emprisonnés par les magistrats civils ainsi que le consul. Le nonce était très perplexe. L'Inquisiteur de Casai qui vint le trouver était au contraire plein d'ardeur et de fougue; il voulàif excommunier toutes les autorités; il s'empcffta même contre le nonce qu'il trouvait trop circonspect^. Un peu plus tard, le 3 novembre 1515, le duc se refusa formelletiient à laisser envoyer au Saint-Office de Rome un moine hérétique « pour ne p*as, (M^ait-il, porter préjudice à ses privilèges et ne pas se prêter à l'extradition de personnes surtout ecclésiastiques vivant dans ses Etats ^ ».
L'Inquisition manquait de ressources; les bénéfices que lui avait cédés l'archevêque ne rapportaient presque rien et tous ses revenus étaient absorbés par l'achèvement des prisons. L'inquisi-