‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 399 sur 470 · FONTANA, p · texte numérisé non relu

FONTANA, p

tèrent le pays. En fait Birague, menacé par Lesdiguières du côté des montagnes et par Bellegarde du côté de la plaine, s'enfuit (1579). Les clés de la ville de Saluées furent alors portées à Bellegarde mais il mourut peu après, empoisonné, diton, par Catherine de Médicis, ce qui paraît, d'ailleurs mal sur. Le parti protestant avait profité de ces dissensions et du triomphe de Bellegarde; il était devenu puissant. À dire vrai, les catholiques lui donnaient beau jeu^ « Ici, disait le nonce dans une lettre en date du 25 septembre 1579, les prêtres ont communément des concubines et des enfants; ils ne s'en cachent nullement et ils n'éprouvent aucune honte à entendre répéter : a Celui-ci est le fils de l'archidiacre » ou de tout autre. C'est l'évêque qui me l'a assuré. On mange gras en carême et, aux vigiles, il n'est pas question de faire maigre. L'évêque est sans autorité. C'est le maresciallo (c'est-à-dire le représentant du pouvoir civil) qui a dû publier une ordonnance défendant aux prêtres de laisser habiter chez eux leurs enfants ou des femmes trop jeunes^ ».

Les huguenots jouissaient donc à Saluces d'une entière liberté ; ils célébraient leur culte ouvertement; en 1580 un décret leur assura c< la liberté de conscience » ; ce fut en vain que le nonce protesta. La c< diabolique cène » était célébrée dans une église malgré la résistance du curé et les pasteurs allaient

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