‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 407 sur 470 · Tacchi-Venturi, p · texte numérisé non relu

Tacchi-Venturi, p

pouvait, dans une lettre datée du 7 mars 1528, se féliciter de voir les Vénitiens « recevoir si ardemment la parole de Dieu ^ ». Aussi, quand Carafa, le futur Paul IV, chassé de Rome par l'invasion des Impériaux en 1527, vint à Venise en qualité de nonce, il fut consterné de constater à quel point l'hérésie y était solidement établie.

Il voulut sévir mais se heurta à la résistance des autorités. Le gouvernement se refusait, entre autres choses, à interdir Taccès du territoire aux marchands allemands, fussent-ils manifestement hostiles au catholicisme (22 mars 1530). La propagande se poursuivait donc sans entraves. L'année suivante Carafa faisait savoir au souverain pontife par l'intermédiaire de fra Bonaventura que le luthéranisme avait fait de notables progrès, que la ville était pleine de livres hérétiques et qu'on en trouvait autant entre les mains des moines qu'entre

les mains des laïcs ■^.

Au commencement de l'année 1530, le bruit courut à Venise que Mélanchton, gagné par le cardinal Gampeggio qui assistait à la diète d'Augsbourg, semblait sur le point de s'en remettre à la décision du pape touchant les questions de doctrine et de discipline qu'il avait soulevées. Ses disciples vénitiens s'émurent aussitôt et l'un d'eux, Lucio Paolo Rosselli, lui adressa, le 8 août 1530, deux lettres dans lesquelles, après avoir abondam-

Page 1