‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 413 sur 470 · Brieger, dans Zeitschrifty p · texte numérisé non relu

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2. Il était arrivé en 1545 à Venise remplaçant l'évêque de Ghiusi.

les hérétiques ont coutume d'agir avec prudence ». Cependant Pannarolo rentra en grâce même auprès du Saint-Siège; il assistait en 1547 aux séances du concile réuni à Bologne.

Fra Angelico de Crème prêcha l'année suivante (1547) avec tout autant de succès mais lui aussi exposa des doctrines tellement hétérodoxes que Délia Casa le fit mettre en prison avec l'autorisation du doge et de la Seigneurie; la Cour de Rome s'empressa de l'en complimenter. Délia Casa souhaitait que le coupable eût la langue coupée et fût incarcéré à vie ; le doge et le Saint- Siège opinaient pour la mort. Toutefois fra Angelico s'étant rétracté et ayant abjuré dans l'église Saint-Marc, il en fut quitte pour une condamnation à la prison perpétuelle après dégradation. Il s'évada au bout de trois mois.

Venise était le lieu où se vendaient et s'imprimaient le plus de livres hérétiques ; non seulement il en arrivait journellement d'Allemagne et de Suisse mais tous ceux qui avaient quelque succès y trouvaient aussitôt un éditeur^ Les Loci communes de Mélanchton, les Dialogues de Brucioli (1526 et 1544), ses annotations aux proverbes de Salomon (1533), sa traduction du Livre de Job (1534) sa traduction de l'Ancien et du Nouveau

1. Le cardinal Del Monte (Jules III) disait au concile de Trente, dans la séance du 3 avril 1546, qu'il n'était pas étonnant que l'on imprimât tant de mauvais livres à Venise puisque les patriarches n'y résidaient jamais (Ehses, vol. V, p. 65).

Testament (1542-1546) furent publiés à Venise; Brucioli y fonda même avec ses frères une imprimerie. La Paraphrasis de Flaminio (1526) et son livre des Psaumes (1545), le traité de Vergerio sur l'Unité et la paix de TÉglise (1542), les Commentaires de Valdès sur TÉpître de saint Paul aux Romains, une édition de la tragédie du Libre Arbitre (1547)^ s'imprimèrent également à Venise. Les Aides, en donnant d'excellentes éditions des classiques, répandaient le goût de la critique, de l'exégèse et des commentaires.

Le Conseil des Dix avait bien, le 12 février 1543, interdit l'impression et la vente des livres « tendant à diminuer l'honneur dû au Seigneur Dieu et à la foi chrétienne » mais on ne s'inquiéta guère de l'application de cette décision, ce dont le Saint- Siège se plaignit vivement à plusieurs reprises^.

Le gouvernement vénitien n'avait rien abandonné, en effet, de son attitude très ferme envers le Saint-Siège; la défense imposée aux laïques de laisser leurs biens par testament à l'Eglise fut renouvelée vers ce temps (1515-1536-1561); cette mesure s'imposait d'autant plus que l'Eglise possédait près du tiers des terres de la République, la moitié dans la province de Bergame^. Un accord intervenu le 24 octobre 1542 entre la République et le pape Paul III reconnaissait aux magistrats

{. BuscHRELL, p. 241. Lettre de Ottaviano délia Rovere au cardinal Cervini, le 4 janvier 15i7.

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