‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 416 sur 470 · Cecchetti et Buschbell · texte numérisé non relu

Cecchetti et Buschbell

It,

laïques. Lors du procès intenté au moine augustin Angelico da Crama, ils s'opposèrent à sa condamnation à mort parce qu'il avait abjuré; seuls ses livres furent jetés au feu; pour lui, les juges ecclésiastiques durent se^ contenter de le faire emprisonner à perpétuité; l'animosité du clergé était grande pourtant à son égard; l'évêque de Lavello écrivait, à la date du 15 mai 1547, qu'il regrettait bien qu'on ne lui eût pas coupé la langue ainsi qu'il avait été décidé. Angelo s'échappa, au reste, après deux mois de détention, en compagnie de six autres condamnés.

L'Inquisition redoublait d'activité; elle accepta les dénonciations anonymes (1548); les condamnations aux galères et à l'emmuration devinrent fréquentes et portèrent principalement sur la classe moyenne. Altieri fut obligé de fuir, Lucio Paolo Roselli accepta de se rétracter devant le tribunal de l'Inquisition mais n'en fut pas moins condamné à Temprisonnement parce qu'on avait trouvé chez lui des livres défendus. Un certain nombre d'habitants s'expatrièrent.

Le gouvernement vénitien n'avait pourtant pas abdiqué. L'application de la convention de 1542, signée entre le pape Paul III et la République donnait lieu à d'incessantes discussions; à la suite d'un excès de pouvoir commis par les juges ecclésiastiques de Valcamoncia et d'un jugement rendu sur de faux témoignages, il y eut presque rupture; elle ne fut évitée que grâce à la diplomatie de Jules III qui conclut une nouvelle cou-

la RÉFORMATION A VENISE. 507

vention le 26 septembre 1551 ^ Elle diffère peu, d'ailleurs, de la précédente. Le problème était ardu et ne fut réellement résolu que lorsqu'il n'avait plus d'intérêt à l'être, et peut-être à cause de cela ; la preuve en est que les conventions se succédèrent, le 9 juin 1574, le 8 juillet 1580, le 7 septembre 1590, et enfin le 4 septembre 1599.

En 1563 (4 avril), le nonce Capilupi, évêque de Fano, admonesta vivement le Conseil des Dix sur sa mollesse à réprimer l'hérésie; un hérétique tessinois, Alessandro, avait été relâché pour la raison que sa santé périclitait ; un autre hérétique, Pellicciari de Vicence n'était pas poursuivi. Le nonce expliqua au Conseil que « s'il n'éteignait pas à temps ce feu diabolique », il gagnerait bientôt, si Dieu le permettait, tout le pays. Pellicciari fut de nouveau poursuivi^.

Quand Antonio Fachinetti ^ était arrivé à Venise en 1568, il s'était proposé d'agir avec énergie et, à cet effet, d'obtenir pour l'Inquisition cette entière indépendance à laquelle elle prétendait et dont ij semblait au légat qu'elle ne pouvait être plus longtemps privée si l'on désirait sincèrement qu'elle aboutît à ses fins. Sa correspondance avec le grand inquisiteur, le cardinal Alessandrino, est pleine de supplications et d'objurgations pour

1. V. Sandi, Principi di Storia Civile délia Repiibblica di Venezia, Venise, 1756, vol. II, p. 659.

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