‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 418 sur 470 · Nunz. Yen., vol. III, col · texte numérisé non relu

Nunz. Yen., vol. III, col

3. Communément le pilori était sur la Piazzetta entre les deux colonnes. Nunz. Ven., vol. I, col. 138.

LA REFORMATION A VENISE

vêtu du sanbenito, une torche à la main; le nonce envoya des gens à lui pour épier les « actes, les gestes et les paroles » de ceux qui iraient voir ce spectacle. Le 12 il annonçait à Rome que l'exposition avait eu lieu, qu'un nombre infini de peuple y avait assisté et qu'elle avait été une édification et un exemple. La foule criait tout d'une voix qu'il fallait brûler et lapider l'hérétique. Ce succès lui donnait à espérer que désormais il n'aurait plus de difficulté pour obtenir de semblables condamnations et même le bûcher pour les relaps.

Or en août 1566 la question se trouva posée à l'occasion de l'exécution d'un hérétique milanais du nom de Spinola^; ce Spinola était un poète et un humaniste; il avait été moine et on le disait relaps ; l'Inquisition l'accusait d'avoir nié la transsubstantiation et l'autorité du pape et depuis vingthuit mois elle le tenait a dans une prison très obscure » où il languissait et dépérissait; il avait proposé de dénoncer tout un groupe d'hérétiques si on lui promettait de lui laisser achever sa vie dans un monastère, et le nonce pensait que « étant humaniste », il en devait connaître un grand nombre ; quant à lui arracher d.es révélations par la torture, il n'y fallait pas songer car il avait dit que ce serait en vain et il n'était pas homme à se dédire. Finalement le tribunal décida qu'il périrait sur le bûcher. Restait à obtenir l'acquiescement du pouvoir civil et le nonce n'ignorait pas que

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