Nunz. Yen., vol. III, col
LA RÉFORMATION A VENISE
jadis on avait négocié « pendant des semaines et des mois » sur le genre de mort qui serait appliqué à un hérétique, si bien qu il était finalement sorti sain et sauf de prison; il pressait donc le doge d'accéder au désir de l'Inquisition, lui rappelant que les lois canoniques imposaient le supplice du feu et qu'en prenant le pouvoir, chaque doge faisait le serment de l'appliquer aux hérétiques; il lui représentait qu'un tel spectacle serait une salutaire leçon aux huguenots de France et des Flandres qui avaient pris l'habitude de considérer Venise, « clé de l'Italie », comme une ville de refuge. Cependant on peut supposer que Spinola ne fut pas brûlé car le nonce dut continuer longtemps après ses instances en faveur de la peine du feu.
Le 22 février de l'année suivante (1567), le nonce écrivait à Rome qu'un hérétique, Niccolo ou Domenico^ délia Sardella, venait d'être arrêté à Trévise et amené à Venise et que, comme son crime était abominable puisqu'il avait volé trois hosties, il comptait que cette fois on n'hésiterait pas à le faire brûler publiquement. Cependant la Seigneurie avait pris Taffaire en mains et écarté l'Inquisition, ce qui paraissait inquiétant au nonce (1" mars); il protesta car le crime étant d'hérésie et le coupable ecclésiastique, il aurait fallu selon lui que la justice procédât in atrocioribus .
A vrai dire, Sardella ne gagna rien au change