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Le nonce lui donne successivement ces deux noms

et les magistrats civils se montrèrent aussi rigoureux qu'auraient pu l'être les inquisiteurs; on lui infligea plus de douze fois l'estrapade en deux jours au point qu'il a entra en agonie »; il n'en persista pas moins à nier son forfait. Comme on n'avait aucune preuve péremptoire contre lui, mais que les juges étaient convaincus de sa culpabilité, on pensait qu'il serait condamné « à la prison très obscure dite la forte » (5 avril 1567), toutefois le tribunal décida, le 17 mai, qu'il aurait la tête tranchée et serait ensuite brûlé. C'était une demisatisfaction pour le légat. Avant de mourir, Sardella avoua qu'il avait volé des hosties afin qu'on soupçonnât un prêtre qu'il aurait ensuite dénoncé en vue de la récompense promise parla Seigneurie aux délations de ce genre*.

Fachinetti ne désarmait pas. Le 19 avril 1567, il écrivait à l'évêque de Brescia d'envoyer à Venise un Français déjà condamné à mort depuis plusieurs années et qu'on tardait à exécuter; on pouvait, disait-il, le considérer comme relaps et de ce chef le faire brûler. Mais le Conseil des Dix refusa d'accorder cette dérogation aux habitudes vénitiennes. Il refusait même de laisser conduire à Rome les suspects, fussent-ils des moines^.

Précisément en juin 1567 il y eut d'assez âpres discussions entre Rome et Venise à propos d'un frère servite appelé fra Raffaele. Le Saint-Père qui

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