B. Gecchetti, vol. 1, p
LA REFORMATION A VENISE
monnaie. Bien que son crime relevât de la justice civile, le nonce le réclama car il craignait de laisser établir un précédent. Gela n'empêcha pas le Conseil des Dix de laisser instruire son procès par les juges de la République et d'autoriser son exécution à mort. Toutefois en 1584, le <x Gividale » de Bellune encourut des censures pour avoir procédé contre un chartreux et l'avoir incarcéré; il dut venir se faire absoudre par le nonce^
On venait de tenter un essai malheureux (1579), Sur le conseil d'un provincial jésuite, le Saint- Siège avait envoyé à Venise un prédicateur allemand car ceux que les Allemands avaient coutume de faire venir de leur pays, parlant en leur langue, c< disaient ce qu'ils voulaient » et leur orthodoxie était douteuse. Seulement au bout de très peu de temps le prêcheur se plaignit que bien peu de fidèles se donnassent la peine de venir écouter ses sermons; ceux qui y assistaient étaient presque toujours ivres, l'interrompaient pour lui dire des injures et s'en allaient avant qu'il eût fini. Quand on leur adressait des reproches, ils répondaient en s'excusant sur leur ivresse « ce qui, dit le moine, paraît être dans leur pays une raison excellente à laquelle il n'y a rien à répliquer ». Et encore lui fallait-il ofîrir, après le service, un banquet à ses rares auditeurs, sans quoi il n'en aurait plus eu du tout! Et il finit